Esprit compétitif ou orgueil mal placé?

Esprit compétitif ou orgueil mal placé?

Lorsque je tombe en mode compétition les gens autour de moi sont souvent surpris du changement qui s’opère dans mon comportement. Je deviens complètement une autre personne! Avez-vous déjà eu l’impression d’être trop intense dans vos actions? Êtes-vous trop compétitif? Est-ce que votre motivation vous pousse à vous remettre en question car cela affecte votre vie personnelle et votre santé?

Une fois, je suis allée faire de la planche à pagaie sur la rivière et à mon retour je pouvais à peine bouger les bras tellement je m’étais donnée à fond! Pourquoi? Aucune idée! Je voulais dépasser les autres, je voulais faire mon trajet en un temps record, je voulais aller plus vite. Après je me suis dis que c’était vraiment ridicule car j’allais avoir des douleurs pendant quelques jours. Je me rappelle aussi m’être déjà étirée un muscle en jouant aux quilles à la Wii car je prenais cela beaucoup trop à cœur! Et que dire de toutes les fois où lorsque je m’entrainais en salle, dès que quelqu’un venait s’installer à côté de moi, mon objectif était de rester le plus longtemps possible sur mon tapis roulant. Dès que la personne arrêtait j’avais une sensation de jouissance, de satisfaction ultime d’avoir été la plus endurante des deux! Est-ce mon orgueil qui me pousse à agir de cette façon? Ou bien une façon bien à moi de combattre les effets du temps sur mon corps?

Plus jeune je n’avais pas conscience de cet aspect de moi, vouloir à tout prix me dépasser et faire plus et mieux que les autres. C’est lors d’un évènement de levée de fonds que j’ai compris que ma fibre compétitive était assez intense. J’avais eu plusieurs commentaires de mes compagnons qui étaient tous vraiment surpris de mon énergie et de mon leadership lors de l’évènement.

Au fil des années j’ai compris que mon côté compétitif était surtout pour me satisfaire moi-même, c’était comme un besoin primitif. Je devais me dépasser, courir plus vite et en moins de temps que lors de ma dernière course est un bel exemple. Je ne ressentais pas le besoin impératif de finir la première! Me dépasser était pour moi bien assez pour me satisfaire.

À d’autres moment de ma vie, ce besoin de réussir et de gagner (pour certains sports ou activités) me grugeait par en dedans. Avant un match de billard, mes jambes et mes bras se contractaient en voiture et j’étais tellement stressée que cela avait des répercussions sur les gens autour de moi. J’ai compris bien plus tard que j’avais beaucoup de difficulté à gérer mon stress. Sueurs, mauvaise humeur, irritabilité, angoisse, et bien d’autres encore. Cela a eu une répercussion directe sur ma santé mentale et physique.

J’ai appris à devoir passer en mode récréatif et non compétitif dans certaines activités de ma vie. Afin de profiter pleinement du loisir que j’aime mais aussi pour mon bien-être personnel. Apprendre à se laisser aller, à profiter du moment présent, ne pas tout considérer comme un objectif ou bien ne pas ressentir le besoin de devoir absolument se dépasser. J’avoue que c’est loin d’être toujours facile à appliquer comme concept et j’y travaille encore! Je pense que l’important c’est surtout de savoir s’écouter et comprendre que la compétition peut avoir une répercussion directe sur plusieurs aspects de notre vie. Savoir se choisir soi-même au lieu de gagner une compétition ça peut être encore plus satisfaisant à long terme.