Le lancement de la première version des Nike Vaporfly 4% en 2017 a bouleversé le monde de la course sur route, particulièrement sur l’épreuve du marathon. D’autres manufacturiers se sont peu à peu mis à proposer des produits alternatifs au fil des ans et on voit même de nos jours des chaussures à plaques de carbone sur la scène trail.

Cette démocratisation de l’offre a entraîné une alternative aux consommateurs qui, comme moi, ne trouvent pas leur compte avec Nike. Cette diversité de l’offre a permis aux personnes avec une physionomie de pied différente de trouver un manufacturier pouvant répondre à leurs besoins.

De plus, le prix demandé par les compétiteurs de la marque au crochet sont généralement inférieurs et les ruptures de stock ne sont plus un enjeu. Aussi, avec l’inondation du marché des chaussures de pointe par les fabricants, il n’est pas rare de voir certaines de ces super chaussures en liquidation au même prix qu’une chaussure traditionnelle. Ce qui nous amène au sujet d’aujourd’hui : Est-ce une bonne idée de s’entraîner avec ces super chaussures (les supershoes, comme les manufacturiers les appellent)? Je vous présente d’abord la genèse de mon expérience et on reviendra sur ce sujet à la fin.

Premier contact

S’entraîner avec des Supershoes, une fausse bonne idée?

Mon premier contact avec les chaussures à plaque de carbone fut avec les Asics Metaracer, un produit très léger et avec une tendance à vous faire balancer vers l’avant. J’ai porté ces chaussures jusqu’à atteindre la barre des 600 kilomètres, où je devais me rendre à l’évidence que la mousse (particulièrement d’un côté) s’affaissait passablement. J’ai placé rapidement ce modèle à la retraite pour éviter de développer une surcompensation de l’autre pied. Ma première expérience avec une super chaussure fut toutefois très agréable.

On récidive chez Adidas

S’entraîner avec des Supershoes, une fausse bonne idée?

Mon deuxième contact avec les chaussures à plaque de carbone fut avec les Adidas Adizero Pro. Cette rivale de Nike se présentait davantage comme une chaussure prête à affronter les distances allant du 5KM au semi-marathon. Il m’est d’ailleurs apparu évident, dès les premiers kilomètres, que la fermeté de ce modèle allait me faire payer cher les longues distances parcourues avec eux aux pieds. Mon deuxième achat fut les Adidas Adizero Adios Pro. Cette chaussure, au look discutable, allait vraiment révolutionner mon impression des chaussures au plaques de carbone. Je me rappelle très bien avoir eu le sentiment de marcher sur la lune tellement la mousse était confortable et réactive. Encore aujourd’hui, cette chaussure fait partie de mes coups de cœur. Tous mes records personnels sont encore inscrits avec ce modèle, du 5KM au marathon. Au marathon de Chicago en octobre dernier, je portais la version 2 de ces mêmes chaussures.

Une visite chez Saucony

S’entraîner avec des Supershoes, une fausse bonne idée?
Payés en solde à un peu plus de 100$, la super chaussure Saucony Endorphin Pro fait aussi partie de mes coups de cœur. Le confort de sa mousse et la facilité avec laquelle on glisse notre pied à l’intérieur font de ce modèle un choix facile pour les longues sorties où des blocs à allure marathon sont prévus. Finalement, la durabilité de cette chaussure m’impressionne. Sur le premier modèle acheté, les 800 kilomètres au compteur n’ont pas encore trop d’impact sur la structure de la chaussure. Je l’utilise encore fréquemment.

Bilan et questions

Dans l’univers de la course à pied au Québec, certains sont des détracteurs des supershoes. Ils parlent alors de ces modèles comme ayant davantage un effet psychologique, voir placebo sur les performances. Toutes les opinions se valent et la divergence de celles-ci est bénéfique pour le débat public, mais dans le groupe de coureurs avec qui j’enfile les kilomètres il n’y a pas beaucoup d’ambiguïté : Les chaussures aux plaques de carbone sont désormais incontournables.

Je reviens toutefois au titre de l’article. Est-ce une bonne idée de s’entraîner avec ces chaussures. Au plan strictement de la performance, j’ai l’impression de m’être habitué à ces mousses confortables et performantes, au point où le jour de la compétition j’ai moins l’effet « wow » escompté. Encore une fois, est-ce là l’effet placebo qui vient biaiser ma perception? Toujours est-il que mon approche lorsque ces chaussures seront trop usées pour m’entraîner avec sera de les remplacer par des chaussures dites plus « traditionnelles ». Je me tournerai alors vers les Endorphin Speed, Adidas Adizero Adios, Adizero Boston ou Adizero SL.

Et vous? Une partie de votre entraînement se passe avec des souliers aux plaques de carbone ou pas?

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