Dénivelé 24h tapis roulant

Dénivelé 24h tapis roulant

les defis de beat

Avez-vous déjà pensé faire du dénivelé pendant 24h sur un tapis roulant ? Avez-vous suivi Frédéric Dion, Ambassadeur pour les Camps de l’Everest et Yvan L’Heureux organisateur des Camps de l’Everest ? Oui, ces deux athlètes m’ont tenu en haleine, du mardi 16 février 13h au mercredi 17 février 13h.

Il faut dire que ce genre de défi est tout à fait mon style, dommage que je n’ai pas pensé à m’organiser pour le relever avec eux. Ou peut-être devrais-je dire : « heureusement que je n’ai pas pensé à m’organiser pour les accompagner !!! »

Frédéric Dion

Frédéric Dion

Je ne connais pas Frédéric Dion personnellement. Nous sommes tous les deux Ambassadeurs 2021 pour les Camps de l’Everest, avec 26 autres personnes. En tant qu’Ambassadrice, j’apprends à connaître petit à petit les membres de cette grande famille.

De cette façon, j’alimente mon site lesdéfisdebeat.com et surtout je peux partager avec eux la mission qui nous a été confiée. Faire connaître les Camps de l’Everest pour se garder en santé, une bonne raison pour bouger tout en restant motivé.

Frédéric a eu une merveilleuse idée pour se préparer à aller gravir le mont Logan. Faire du dénivelé pendant 24h sur son tapis roulant… Ce n’est pas une fabuleuse idée ? Vous ne trouvez pas? Par la même occasion, ça fait grimper le compteur pour le défi Everest, ça encourage les gens à grimper avec lui et/ou faire un don pour les différents organismes choisis par les ambassadeurs.

Yvan L’Heureux

Yvan est l’organisateur des Camps de l’Everest. C’est lui qui m’a offert une place au sein de sa grande famille de l’Everest.

Yvan a choisi d’accompagner Frédéric dans son défi. Oui, oui, vous avez bien lu, il va faire lui aussi 24h sur son tapis roulant par solidarité, chacun chez eux, mais ensemble.

Yvan L’Heureux

C’est en écoutant ça, que je me suis dit : « ben oui, c’est vrai, on aurait pu être solidaire et faire ce que l’on était capable avec lui… » À aucun moment cela m’avait traversé l’esprit avant d’apprendre qu’Yvan allait le faire.

Yvan et Frédéric sont amis. Ils vont pouvoir s’entraider à tuer le temps et s’encourager même s’ils sont à distance.

Vive la technologie

Je suis bien placée pour dire que sans la technologie aujourd’hui, on ne serait pas grand-chose.

Le tapis de course de Frédéric a été arrangé pour accueillir l’équipement informatique, caméra et micro afin de pouvoir rester connecté avec le monde extérieur.

Frédéric Dion

Frédéric a pu nous partager en direct son expérience, en nous donnant rendez-vous toutes les heures.

Il a fait des directs avec Yvan, ce qui était parfait de les voir en même temps. Il avait aussi des rendez-vous avec d’autres ambassadeurs, tels que Benoit Létourneau, Christiane Plamondon, Isabelle Bernier, pour ceux que j’ai pu suivre.

Ces interviews étaient très intéressantes et vous pouvez les retrouver en tout temps sur sa chaine youtube. En le voyant aller, ça paraissait tellement facile, il parlait comme si de rien était. Je n’ai pas pu être présente à tous ces rendez-vous, mais j’en ai vu quand même pas mal.

Incroyable du mardi 13h jusqu’au lendemain mercredi 6h, il n’avait pas l’air fatigué.

Le cerveau cogite

En suivant des aventuriers comme ça, c’est évident que le cerveau cogite, il est là à se demander : aurais-je été capable de tenir comme eux ? De parler comme ils le font, d’animer, de lire sur l’écran… J’en deviens étourdi de les regarder, je sens mes jambes qui bougent comme si je voulais les aider, j’ai le goût de courir…

Je les regarde, je trouve ça difficile pour eux. Je suis admirative, pensive en les écoutant.

Je ne veux surtout pas qu’ils arrêtent si près du but. Je sais que c’est difficile dans les derniers miles, mais ils sont capables, ils sont forts, ils sont bons, ils vont y arriver…

Je suis au travail, j’ai vraiment du mal à me concentrer pour rester dans mes affaires, j’ai juste hâte qu’il soit 13h.

Deux héros

Mercredi 17 février, il n’est pas encore 13h. Mes deux héros sont toujours présents sur leur tapis respectif. Ils sont fatigués. J’apprends qu’Yvan avait travaillé le mardi matin avant de commencer le 24h…

Je suis abasourdie… Pfff, mais qui sont ces hommes qui peuvent rester aussi longtemps debout sans dormir… En ayant la mine fatiguée, oui, mais si peu si on prend en considération ce qu’ils viennent de faire. J’ignore si j’aurais cette capacité sans dormir, je crains de devenir héritable !

Merci les gars vous m’avez inspiré. J’ai pu vivre cette aventure à travers vos belles réalisations, cela m’a donné une idée de la difficulté. Je devrais certainement l’ajuster à mon niveau si l’idée me passais par la tête d’essayer…

Mise à l’épreuve

Ah ben, cette fin de semaine, je ne peux pas aller à la montagne, car j’ai trop de travail à rattraper. Il n’est pas question pour autant que je ne fasse pas mes dénivelés.

Avec le boost que j’ai eu sur le tapis en suivant mes deux héros, je prévois faire mon entraînement à l’intérieur cela va me permettre de gagner 2 jours de travail.

Je prévois 3 fois 4 heures de dénivelé sur le tapis. Ça fait 4 ans que je n’ai pas fait de tapis roulant.

Dès la première journée, je suis déçue, je n’ai pas le plaisir du grand air. Cet air frais qui caresse et saisit les joues en hiver. La beauté de la nature, l’environnement, les gens… Vous l’aurez compris, ce vendredi, je n’étais pas prête pour cette expérience.

En changeant ma vision

Samedi, j’étais bien décidée à prendre du plaisir pour mes 4 heures de dénivelé sur le tapis. Je peux préférer courir dehors, mais apprécier courir sur le tapis malgré tout. Quand, je ne peux pas faire autrement, c’est quand même mieux que de ne pas faire son entraînement.

Voici ce que je me suis dit pour ne pas me dégoûter de ma course sur le tapis. En trouvant les bonnes raisons, les bons mots, j’ai pu compléter mon objectif sur le tapis en ayant aucune déception, mais plutôt une satisfaction d’avoir pu voir 5 films. Oui, je sais, il n’y a rien d’extraordinaire, mais ça fait des années que je ne peux plus regarder de films, car aussitôt que je m’assois dans le canapé, je m’endors… Ce n’est pas drôle… Mais c’est ma réalité…

Je ne tenterai peut-être jamais le 24h sur tapis roulant, mais c’est quand même une alternative que je vais me resservir pour faire mes dénivelés si je suis prise de nouveau par le temps.

Frédéric et Yvan merci de nous avoir fait vivre ces beaux moments, au plaisir de partager d’autres aventures en vrai ou à distance selon les possibilités qui seront permises.

Frédéric Dion gravira le Mont Logan très bientôt, je vous invite à suivre ses aventures passionnantes et motivantes.

La sortie tempo

La sortie tempo

Un tempo est très utile pour porter un jugement sur son niveau de forme. Il s’agit essentiellement de courir moins longtemps, mais à la même allure que notre objectif visé sur 5, 10, 21 ou même 42,2 kilomètres. Cet entraînement nous permet alors d’évaluer nos sensations à la vitesse souhaitée le jour de la compétition. Plus tôt en mars, une séance tempo de 7 kilomètres était au programme pour le groupe et moi. Pourquoi 7 kilomètres? Si vous avez l’esprit mathématique, vous aurez deviné qu’il s’agit du tiers de la distance demi-marathon. Voici comment s’est déroulée la séance…

C’est un mercredi matin d’heure avancée, la noirceur sera présente jusqu’à la fin de l’entraînement. La merveilleuse ville de Sherbrooke nous offre cependant le parc Jacques-Cartier illuminé et plat juste pour nous et quelques irréductibles marcheurs. La zone orange nous permettant de courir (enfin) en groupe, nous entamons l’échauffement dans la bonne humeur. Histoires de parentalité, de travail, de course à pied et j’en passe. Le traditionnel tour d’activation tire à sa fin et la conversation glisse tranquillement vers les quelques consignes, conseils et encouragements des deux coureurs aguerris et plus rapides que moi qui feront office de lièvres pour les 7 prochains kilomètres. En théorie, je n’aurai qu’à suivre de près ces deux machines et mettre mon cerveau en mode veille. Nul besoin de regarder ma montre, ces deux métronomes se chargeront de le faire à ma place.

Le lampadaire qui nous sert de repère de départ approche, les pouces se rapprochent de la montre et « clic » le départ est donné. Je me glisse stratégiquement derrières mes deux amis, tel que convenu. Le régulateur de vitesse semble déjà réglé pour eux. Allure cible ce matin : 3:45/km. Un autre membre du groupe court à mes côté et s’accrochera le plus longtemps possible. Nul doute, un tempo est tellement plus facile en groupe!

Les 3 premiers kilomètres défilent très rapidement. On s’encourage mutuellement et le rythme, légèrement plus rapide que prévu, est tout de même confortable. À partir du 4ème, l’effort s’installe graduellement. Les discussions sont plus courtes et ressemblent davantage à « go », « on continue », « ça va bien ». L’effet de groupe fait son œuvre jusqu’à la fin et la montre sonne le 7ème kilomètre. La satisfaction est au rendez-vous et le retour au calme sur les prochains kilomètres fera du bien. Les conversations légères reprennent.

Bilan de la séance; la cote d’effort est légèrement plus élevée qu’anticipée, mais la température froide et le départ plus rapide peuvent expliquer cet écart. Ajoutons une période d’affûtage de 10 à 14 jours avant une compétition ainsi que l’excitation de l’événement et les éléments seront en place le jour venu.

Prochain test? Une séance tempo de 10 kilomètres en avril, trois semaines avant l’événement maison prévu la fin de semaine du 1er mai. Événement, vous l’aurez compris, non-officiel et simplement porté par notre amour pour la course à pied.

Bon entraînement!

***

Vous avez déjà expérimenté une séance de type tempo? Laissez-le moi savoir dans les commentaires.

Mets tes raquettes!  Pis cours!

Mets tes raquettes! Pis cours!

Ahhh, les merveilles de l’hiver! Partir en raquettes avec votre conjointe ou conjoint, avec des amis, la famille et fouler la neige épaisse de nos forêts comme l’ont fait auparavant des générations de nos ancêtres autochtones. Gravir des montagnes, descendre dans des coulées ou simplement emprunter des pistes balisées, puis admirer des paysages à couper le souffle. Mais le saviez-vous? Il y a faire de la raquette et courir en raquettes? Oui oui! Vous avez bien entendu! On peut courir en raquettes. Pas avec celles que l’on utilise pour fouler la neige pour nous empêcher de s’enfoncer, non! Il existe sur le marché, depuis plus d’une trentaine d’années, des raquettes pour la course à pied. Parfaites pour les amateurs de course en sentiers. Des raquettes qui vont vous permettre de continuer à courir en trail et ce, en plein hiver.

François Bernard Tremblay

Déjà, au 19e siècle, l’existence du Montreal Snowshoe Club, au début de années 1840, nous montre tout l’intérêt de partager l’activité de la raquette entre amis. Quelques années plus tard, la fondation de nouveaux clubs à travers le Québec élève le niveau récréatif à des niveaux compétitifs. Les grandes compagnies le comprennent et s’ajustent. Nouveaux matériaux, nouvelles formes, légèreté. Aujourd’hui, les adeptes de ce sport ont accès à des produits de pointe.

Ambassadeur de la région Saguenay—Lac-Saint-Jean de la course en raquettes, l’athlète Carl St-Hilaire a accepté de nous informer sur ce sport méconnu. Le Saguenéen est bien connu comme participant de la course des portageurs (15 km avec une poche de 100 lbs sur le dos) et est aussi un redoutable joueur de hockey sur glace. Personnellement, c’est la nage en eau libre et le triathlon qui nous a rapprochés.

Où?
La course en raquettes se pratique sur des surfaces préalablement entretenues où la neige est déjà foulée comme les sentiers de marche, de fat bike et de motoneige (vérifier avant si vous avez l’autorisation d’y accéder).

Les coureurs qui empruntent les sentiers uniquement munis de leurs chaussures ne sont pas toujours bien vus par les autres utilisateurs, ils brisent les sentiers et font des trous dans la surface. Par contre, les coureurs équipés de raquettes sont les bienvenus partout et même dans les centres payants m’affirme St-Hilaire.

François Bernard Tremblay

Comment et Combien?
La course en raquettes est tout de même un sport qui vous paraîtra relativement abordable. En effet, tout ce qu’il vous faut, ce sont ces fameuses raquettes spécialement conçues pour courir. Beaucoup moins longues que celles fabriquées pour la marche en forêt, elles viennent tout de même en plusieurs déclinaisons de modèles.

Pour Carl St-Hilaire, un athlète parcourant plus 500 km en raquettes par hiver depuis près d’une quinzaine d’années et qui est impliqué dans l’organisation de divers événements, il n’y a qu’un seul modèle qui vaille : La TSL-305. Il vous en coûtera près de 200$ pour l’achat des raquettes, plus l’achat d’une tige-attache (moins de 100$) et d’une paire de chaussures. Seules certaines boutiques tiennent ce modèle de raquettes, car il faut percer la semelle de la chaussure avec une perceuse (il faut une chaussure avec une semelle assez épaisse à l’avant) afin d’y installer la fameuse tige-attache qui s’amarrera à la raquette (Notez bien que la botte TSL existe également). Ce type de raquettes demande par contre un léger ajustement dans le style de course, car grâce à l’attelage spécial, l’arrière de la raquette va traîner au sol. Il y a donc un effet de glissement du pied qui diminue aussi la projection de neige dans le dos du coureur.

raquettesIl existe d’autres modèles plus simples d’utilisation où le pied se fixe entièrement à la raquette. Vous aurez plus la sensation de courir avec une chaussure. L’arrière de la raquette ne traîne pas au sol. Il faut donc, comme à la course à pied, lever un peu plus les genoux. L’avantage de ce type de raquettes est que vous pouvez utiliser la chaussure de votre choix. Par contre, il y a aussi un désavantage important : la projection de neige qui vous éclaboussera le dos, voire même la tête. Le port d’un vêtement hydrofuge est plus que conseillé. L’acquisition de ce type de raquettes vous en coûtera autour de 250$, mais comme toute chose, des modèles plus onéreux sont également disponibles.

D’autres modèles ont tenté d’imiter l’effet « inclinaison ou pivot » de la TSL-305 en fixant le devant du pied sur un attelage pivotant. Encore là, un investissement de quelque 250$ vous permettra de vous chausser convenablement pour la pratique de course en trail hivernale.

François Bernard Tremblay

Bref, comme vous le voyez, il existe des modèles pour tous les goûts et tous les budgets. Un débutant pourra trouver un produit qui lui convient à partir de 150$ environ et le coureur qui cherche plus de performance devrait s’en tirer pour moins de 500$.

Pourquoi?
Parce que t’es une fille de trail ou un gars de trail et que l’asphalte et les longues lignes droites ne sont pas pour toi. Parce que tu veux continuer à courir en sentier l’hiver. Parce que l’hiver dans le bois, les paysages sont à couper le souffle. Pour quitter l’environnement bruyant de la ville et reconnecter avec la nature.

Pour te motiver un peu, sors en groupe! Ou si t’en peux juste pu de la belle gang de « chialeux » qui t’accompagne à l’année longue, inscris-toi dans un club, il en existe sûrement un près de chez toi. La plupart du temps, les clubs de course en raquettes sont associés à des boutiques spécialisées. Au Saguenay-Lac-St-Jean, le Club Vo2 trail et dans la région de Québec le club Le Coureur nordique, sont spécialisés dans ce domaine.

Raquettes

Un gros merci à Carl St-Hilaire (Vo2 Trail) qui a accepté de m’éclairer sur le sujet.

Bonne course!

Crédit photo : Carl St-Hilaire

Comment récupérer plus rapidement? Le point de vue de la science

Comment récupérer plus rapidement? Le point de vue de la science

Défi Entreprises

Vous avez couru longtemps et pour ne pas être courbaturé le lendemain, vous décidez de vous soumettre à l’épreuve du bain glacé ou vous faites une longue séance d’étirement?

Est-ce vraiment efficace pour augmenter la vitesse à laquelle vous allez récupérer?

C’est une excellente question à laquelle nous n’avons pas de réponse définitive, malgré une méta-analyse sur le sujet publiée en 2018.

Tout d’abord, mieux récupérer, qu’est-ce que ça signifie?

Dans leur recherche, les chercheurs ont identifié 4 facteurs qu’ils ont étudiés :

  • Dommages musculaires (mesurés par la concentration de marqueurs de dommages musculaires dans le sang)
  • Inflammation (mesurée par les marqueurs d’inflammation dans le sang)
  • Courbatures
  • Perception de fatigue
  • Seulement les études de bonne qualité ont été gardées. Pour être sélectionnées, les études devaient détailler les procédures, les modalité et l’intensité des exercices et présenter les modalités ainsi que le moment des interventions pour favoriser la récupération.

    Les études devaient aussi tester au minimum un des 4 aspects de la récupération cités ci-haut et mentionner le nombre de participants dans leur étude. Voici un résumé de l’efficacité de chaque méthode d’aide à la récupération.

    Massage
    Le massage est utilisé depuis fort longtemps afin de favoriser la récupération. Les courbatures sont causées par les microdéchirures musculaires et le massage pourrait augmenter le flux sanguin vers les muscles et réduire l’oedème (Weerapong et al., 2005; Bakar et al., 2015).

    Dans l’étude, on note que les massages réduisent les douleurs musculaires post-exercice de façon significative.

    De plus, les massages ont un impact sur la perception de douleur et de fatigue. Cette amélioration de la récupération serait reliée à une diminution des hormones de stress (cortisol) et à une augmentation de la concentration de beta-endorphines (hormones relaxantes).

    Je dois avouer que j’ai été surpris par la suite : c’est normal, que le massage ait un impact sur la perception de douleur et la perception de courbature. Ces deux paramètres sont influencés par l’humeur des personnes. Par contre, il semblerait que le massage soit aussi la façon la plus efficace de faire diminuer les marqueurs de dommage musculaire et d’inflammation à la suite d’un entraînement.

    Vêtements de compression
    Les vêtements de compression sont des vêtements très serrés qui ont pour objectif de diminuer l’enflure et l’œdème musculaire et d’améliorer le retour veineux.

    Depuis un certain temps (Les bas de compression offrent-ils des avantages sur la performance?, 2016), on sait que les bas de compression ont un impact positif sur les douleurs musculaires post-entraînement et la perception de fatigue. Par contre, il est très difficile de séparer l’effet placebo de l’effet du bas lui-même.

    Justement, lorsqu’on évalue plus objectivement l’efficacité des bas de compression sur la réduction du dommage musculaire et de l’inflammation, l’étude conclut que de porter des vêtements de compression ne diminue pas l’inflammation, ni les dommages musculaires de façon significative.

    Immersion en eau froide
    Le principe derrière l’immersion en eau froide est qu’en diminuant la température de la peau, on diminue l’apport sanguin au muscle et cela aurait pour effet de diminuer l’inflammation.

    Dans la revue de littérature, les chercheurs notent un effet significatif, mais faible sur les courbatures, la fatigue, l’inflammation et les dommages musculaires. Il est à noter que le froid en lui-même peut avoir un effet analgésique en diminuant la douleur ressentie.

    Méthode contraste
    La méthode contraste consiste à alterner entre des bains d’eau chaude et des bains d’eau froide. L’impact sur le muscle est que lors de la phase chaude, les vaisseaux sanguins dans le muscle auront tendance à se dilater, laissant passer plus de sang et lors de l’immersion en eau froid, l’inverse se produira et les vaisseaux sanguins se contracteront. Ce travail du muscle permettrait de diminuer la douleur et l’inflammation.

    Dans leur étude, les chercheurs notent un impact positif sur la douleur musculaire post- entraînement, mais pas sur le niveau de fatigue. De plus, ils ont noté qu’en général, cette intervention diminuait la présence de marqueurs de dommage musculaire.

    Récupération active
    La récupération active consiste à faire une petite séance d’activité physique au lendemain d’un entraînement éprouvant. L’objectif est d’augmenter l’apport en sang du muscle afin d’éliminer les déchets plus rapidement. Notamment, les « morceaux » de muscles brisés seraient éliminés plus rapidement.

    Évidemment, comme la récupération active exige un effort supplémentaire, elle n’a pas d’impact sur la perception de fatigue.

    Elle a par contre, un effet sur les douleurs musculaires post-entraînement bien documenté (Armstrong, 1984). Malheureusement, cet effet est de courte durée. La récupération active masquerait donc la douleur, mais n’augmenterait pas la vitesse de récupération.

    Étirements
    Les étirements n’avaient pas d’impact sur les courbatures, ni sur la fatigue. Depuis plusieurs années, les étirements ne sont plus recommandés suite aux entraînements (Herbert and Gabriel, 2002; Herbert et al., 2011), puisqu’ils pourraient même mener à une augmentation des courbatures.

    Bref, les protocoles d’aide à la récupération ont plus d’impact sur les aspects qui comportent une composante psychologique, comme la douleur des courbatures et la perception de fatigue.

    De plus, l’effet de ces méthodes sur les dommages musculaires et l’inflammation, observés de façon objective, est relativement faible.

    En résumé
    Voici un tableau qui résume l’impact de chaque méthode.

    Notez qu’en général, on remarque que plus la qualité de l’étude est élevée (grand nombre de participants, processus rigoureux), plus l’impact des différentes méthodes d’aide à la récupération a tendance à être faible.

    Quoi retirer de tout cela?
    Tout d’abord, que si une méthode vous fait du bien et qu’elle vous aide à vous sentir mieux, il pourrait être intéressant de la garder.

    Ensuite, si vous n’utilisez pas présentement d’aide à la récupération, il semblerait que le massage soit probablement l’approche la plus bénéfique à intégrer dans votre routine.

    Finalement, on peut aussi se demander s’il est absolument nécessaire de mettre en place des protocoles pour récupérer plus rapidement. Est-ce qu’on devrait laisser le corps faire son travail, dans le temps nécessaire?

    Parti courir: 300 canards et moi

    Parti courir: 300 canards et moi

    Parti courir

    Je suis parti courir. Départ de la cour du garagiste où je venais de laisser l’auto pour le changement de pneus. Je me relis et je trouve que ça fait un peu « Les pays d’en-haut ». Genre je laisse le cheval chez le forgeron et je marche cinq milles pour retourner dans mon rang. Certain que les forgerons n’offraient pas un service de charrette de raccompagnement. Pas de chevaux de courtoisie non plus.

    Le garage est en bordure de la bande du canal de Chambly, un de mes trajets favoris. J’y ai donc laissé les clés et je suis parti à la course. Sous le regard un peu surpris du mécano. Il a dû s’imaginer que je lui laissais une auto volée ou que j’étais vraiment allergique aux factures.

    Une dizaine de degrés, une bruine tenace. Un temps de canard. Ça tombe bien, les principaux intéressés avaient répondu à l’appel. Plusieurs centaines qui pataugeaient dans le reste d’eau du canal dont les écluses sont pour l’instant fermées à la navigation.

    Pour les canards, le canal c’est un combo « buffet chinois/dortoir ». Le « All You Can Eat » du palmipède. En plus, pas d’effort à fournir, l’eau y est stagnante. Repos bien mérité quand on considère qu’ils passent la majeure partie de la journée sur le Richelieu. Dans le courant, pour eux, c’est une session de spinning de huit, dix heures. Tous les jours.

    Comment ça se fait que les canards n’ont pas des gros mollets?

    J’ai essayé d’arriver aussi doucement que possible. Le temps de saisir quelques conversations. Je ne savais pas qu’ils s’intéressaient à la politique. Je jurerais que je les ai entendus commenter les dernières nouvelles à propos de la Covid, « Nous avons tourné le coin ». Les canards semblaient plus que sceptiques : « Coin? Coin! Coin!!! »

    Malgré mon bon vouloir, ils ont fini par me remarquer. Certains ont bien essayé de plonger mais, dans 30 centimètres d’eau, y’a toujours un bout qui dépasse. Alors Ils se sont poussés vers l’autre rivage, moitié flottant, moitié marchant.

    Finalement, comme je les voyais toujours, je leur ai fait honte. Ils se sont dit que si un humain faisait de l’exercice par ce temps et à cette heure, pas le choix, faudrait bien qu’ils s’y mettent aussi.

    Alors ils se sont envolés en faisant la baboune, pour les quelques centaines de mètres qui séparent le canal de la rivière. Ils sont passés au-dessus de moi en jasant comme le canard dans les romans policiers de Louise Penny, celui dont tous les personnages disent qu’il est mal engueulé. Il marche en marmonnant : « fuck, fuck, fuck, fuck ». Multipliez ça par environ 300.

    Comme quoi, même pour des canards champions de spinning, un lundi matin, ça reste un lundi matin.