Mon but ultime : atteindre le 10 km

Mon but ultime : atteindre le 10 km

Ah déjà je vois vos yeux levés dans les airs et vos réflexions du genre « Ben voyons donc 10 km! Y’a rien là! » Eh bien, pour moi ce n’était pas rien!

Chaque année je me lance un défi à relever, celui de 2022 était de réussir à faire 10km de course à pied en une seule fois. J’avais cette idée qui me trottais en tête depuis déjà un certain temps mais je n’avais pas le courage de le concrétiser. Étant une personne qui aime tenir ses résolutions je savais qu’en me lançant ce défi je n’aurais pas le choix de tout faire pour y arriver.

Pour mieux comprendre ce que ce défi représente pour moi, laissez-moi vous expliquer mon parcours.

J’ai commencé la course à pied il y a près de dix ans. Au début j’en mangeait, je courais dans le parc près de chez moi presque chaque jour. Je participais à beaucoup de compétitions et j’adorais cela. Par contre, pour moi faire une course de 5km c’était énorme! Mes séances de courses se limitaient au maximum à 5 ou 6 km si j’étais crinquée. Puisque je courais régulièrement, cela me contentait. Au fil des années au lieu de travailler mes distances, j’ai approfondi mon endurance et à moins faire d’arrêts, à ne pas courir en alternance continuellement. De plus, il faut comprendre que j’ai toujours été une coureuse de 3 saisons. Alors, à chaque printemps c’est un peu un recommencement. Je dois y aller par étapes et donner le temps à mon corps de se réhabituer à l’exercice. Toutefois un gros handicap m’a toujours freiné dans mes entrainements, mes problèmes de genoux! Je ne sais pas pour quelle raison, sûrement que vous auriez plusieurs réponses à me dire mais après avoir consulté mon médecin, la seule chose qu’on a trouvé c’est un peu d’arthrose dans l’intérieur des genoux, ce qui selon elle ne devrait pas m’empêcher de pratiquer des sports. Une autre fois j’ai eu le syndrome fémoro-rotulien (une irritation des cartilages de l’articulation du genou). Savoir vivre avec cette douleur qui part et qui revient continuellement ce n’est vraiment pas évident! J’ai surtout appris quoi ne pas faire pour ne pas avoir mal. Juste pour vous donner un exemple, il y a plusieurs activités que je ne peux pas faire et que j’ai dû abandonner à cause des ces douleurs. Tabata, Zumba, Step, et quelques autres. Ayant toujours été active c’est vraiment difficile pour moi de ne pas pouvoir faire ce que j’aime. J’ai donc dû restreindre mes options. La course étant un sport que j’adore et dont je ne pourrais me passer j’ai toujours dû faire attention de ne pas trop courir afin de ne pas me blesser et surtout afin de pouvoir continuer à en faire.

S’il y a dix ans, je courais plus vite et en moins de temps, aujourd’hui je mise beaucoup plus sur ce que je peux réussir à faire peu importe le temps que cela me prendra. Donc depuis quelques années j’ai augmenté mon endurance et aussi mes distances, je cours maintenant régulièrement entre 5 et 8 km par séance, parfois un peu plus.

Au printemps j’ai recommencé mon année de course à pied tranquillement, mais j’ai heureusement réussi à rapidement reprendre des séances normales. À la mi-mai, j’étais près du but, j’avais dépassé le 8km de peu, pour moi c’était un bon départ en début de saison. Et puis, sur un coup de tête, je suis allée faire un Zumbathon pour le cancer, cause qui me tiens particulièrement à cœur. Je n’étais pas réchauffée et je n’avais pas fait de Zumba depuis 1 ans, mais j’ai toujours adoré cela et j’y ai mit tellement d’intensité et de bonne volonté que je me suis blessée au genou! Donc, retour à la case zéro pour mon défi! J’ai dû réduire mes séances et courir moins souvent. Après quelques séances de massothérapie, d’exercices réguliers et j’imagine beaucoup de chance, ma douleur a diminuée et j’ai pu recommencer à courir un peu plus et plus longtemps. En juillet 2022 j’ai donné une chance à mon corps de se reposer et je suis partie en voyage pour 2 semaines, sans courir, juste marcher et profiter de mes vacances. Cela m’a fait beaucoup de bien et à la fin de l’été après plusieurs semaines d’entrainement, j’ai enfin réussi à faire mon premier 10 km à vie! Je ne peux même pas décrire le sentiment d’exaltation et de fierté qui m’a envahie à ce moment-là. Sans gêne j’ai hurlé ma joie dans le sentier tellement j’étais heureuse de ma performance.

Mon prochain défi? Un 15 ou un 20 km vous me demanderez? Ah seul l’avenir le dira! Juste de savoir que je suis capable de me dépasser et de relever des défis qui semblaient au départ loin d’être facilement réalisables, je comprends que maintenant tout est possible.

Mon but ultime : atteindre le 10 km

Monsieur, Madame tout le monde

Monsieur, Madame tout le monde

Je suis loin d’être une athlète, encore moins une grande sportive. Passionnée? Peut-être bien. Qui suis-je? Je suis comme vous tous, je suis une coureuse!

Avez-vous cet ami qui cours plus vite, plus loin, plus longtemps? Celui qui fait des marathons, celui qui court tous les jours et qui miraculeusement a donc bien l’air de ne jamais avoir de problèmes ni de douleurs! Je pense qu’il est normal qu’on se compare et qu’on se remettre en question, cela fait partie de la vie. Mais se diminuer, se dénigrer ou se croire moins bon ou se sentir inférieur aux autres n’est pas la bonne solution et vous amènera des doutes qui vont affecter vos performances.

À chacun son parcours. Chaque personne est différente. C’est difficile de ne pas se comparer aux autres et de vouloir en faire autant qu’eux. Si voir les autres performer vous donne la motivation et l’énergie pour atteindre vos objectifs et à vous dépasser, tant mieux! En revanche, on ne peut pas être dans la peau des autres. Celui ou celle que vous admirer, n’a très probablement pas les mêmes priorités ni le même mode de vie que vous.  Peut-être que cette personne n’a pas d’enfants, elle a peut-être un horaire variable qui lui permet de courir plus souvent, et peut-être aucun autre loisir ou activité dans sa vie que la course à pied.

Avant de prendre la décision d’en faire plus, prenez le temps de réfléchir aux avantages et inconvénients. Est-ce que cela vaut la peine de sacrifier des aspects de votre vie pour faire juste quelques km de plus?

Monsieur, Madame tout le monde

Ne vous juger pas trop sévèrement. Le plus important ce n’est pas d’être le meilleur et de faire pareil comme les autres coureurs. Votre passion c’est la course, et peu importe que vous soyez un coureur de petites ou longues distances, peu importe le chrono et la compétition, ce qui importe c’est juste de courir!

Il y a 10 ans j’ai commencé à courir. Je ne sais plus pourquoi, possiblement que pour moi c’était une façon de rester en forme et en santé, c’était simple et abordable. J’arrivais de travailler, je me changeais, je traversais la rue et j’étais rendue au parc. Dès les premières fois j’ai adoré ça! J’ai aimé la sensation exaltante des endorphines, l’impression d’avoir trouvé mon exutoire ma façon à moi de faire « sortir le méchant », le moment parfait pour réfléchir et décompresser.

J’ai fait plusieurs petites compétitions, j’ai assisté à des conférences sur la course, je suis même membre d’un club de course depuis plusieurs années. Cependant, pour moi la course c’était au départ un sport parmi d’autres. Car j’ai toujours eu d’autres passions et d’autres loisirs. Donc, courir 3 fois par semaine m’a toujours donné satisfaction. On fait tous des choix de vie. J’ai choisi d’avoir une vie normale avec ma famille et mes amis, j’ai choisi de ne pas sacrifier ma vie pour devenir une plus grande sportive.

Aujourd’hui pour moi la course c’est plus qu’un simple sport. Je ne m’en passerais pas, je l’ai dans la peau! Cela fait partie de moi, de ma routine, de ma vie! Suis-je moins bonne que vous car je ne fais pas de marathon? Non! Suis-je différente, moins intense, moins vite? Peut-être bien! Qui suis-je? Je suis Madame tout le monde. Je suis la mère de famille qui jongle avec le travail, les loisirs, l’école, les lunchs, le ménage. Je suis la femme que vous croiser à l’épicerie, celle dans la file d’attente au cinéma, celle qui marche dans la rue. Qui suis-je? Je suis une coureuse!

Monsieur, Madame tout le monde

Esprit compétitif ou orgueil mal placé?

Esprit compétitif ou orgueil mal placé?

Lorsque je tombe en mode compétition les gens autour de moi sont souvent surpris du changement qui s’opère dans mon comportement. Je deviens complètement une autre personne! Avez-vous déjà eu l’impression d’être trop intense dans vos actions? Êtes-vous trop compétitif? Est-ce que votre motivation vous pousse à vous remettre en question car cela affecte votre vie personnelle et votre santé?

Une fois, je suis allée faire de la planche à pagaie sur la rivière et à mon retour je pouvais à peine bouger les bras tellement je m’étais donnée à fond! Pourquoi? Aucune idée! Je voulais dépasser les autres, je voulais faire mon trajet en un temps record, je voulais aller plus vite. Après je me suis dis que c’était vraiment ridicule car j’allais avoir des douleurs pendant quelques jours. Je me rappelle aussi m’être déjà étirée un muscle en jouant aux quilles à la Wii car je prenais cela beaucoup trop à cœur! Et que dire de toutes les fois où lorsque je m’entrainais en salle, dès que quelqu’un venait s’installer à côté de moi, mon objectif était de rester le plus longtemps possible sur mon tapis roulant. Dès que la personne arrêtait j’avais une sensation de jouissance, de satisfaction ultime d’avoir été la plus endurante des deux! Est-ce mon orgueil qui me pousse à agir de cette façon? Ou bien une façon bien à moi de combattre les effets du temps sur mon corps?

Plus jeune je n’avais pas conscience de cet aspect de moi, vouloir à tout prix me dépasser et faire plus et mieux que les autres. C’est lors d’un évènement de levée de fonds que j’ai compris que ma fibre compétitive était assez intense. J’avais eu plusieurs commentaires de mes compagnons qui étaient tous vraiment surpris de mon énergie et de mon leadership lors de l’évènement.

Au fil des années j’ai compris que mon côté compétitif était surtout pour me satisfaire moi-même, c’était comme un besoin primitif. Je devais me dépasser, courir plus vite et en moins de temps que lors de ma dernière course est un bel exemple. Je ne ressentais pas le besoin impératif de finir la première! Me dépasser était pour moi bien assez pour me satisfaire.

À d’autres moment de ma vie, ce besoin de réussir et de gagner (pour certains sports ou activités) me grugeait par en dedans. Avant un match de billard, mes jambes et mes bras se contractaient en voiture et j’étais tellement stressée que cela avait des répercussions sur les gens autour de moi. J’ai compris bien plus tard que j’avais beaucoup de difficulté à gérer mon stress. Sueurs, mauvaise humeur, irritabilité, angoisse, et bien d’autres encore. Cela a eu une répercussion directe sur ma santé mentale et physique.

J’ai appris à devoir passer en mode récréatif et non compétitif dans certaines activités de ma vie. Afin de profiter pleinement du loisir que j’aime mais aussi pour mon bien-être personnel. Apprendre à se laisser aller, à profiter du moment présent, ne pas tout considérer comme un objectif ou bien ne pas ressentir le besoin de devoir absolument se dépasser. J’avoue que c’est loin d’être toujours facile à appliquer comme concept et j’y travaille encore! Je pense que l’important c’est surtout de savoir s’écouter et comprendre que la compétition peut avoir une répercussion directe sur plusieurs aspects de notre vie. Savoir se choisir soi-même au lieu de gagner une compétition ça peut être encore plus satisfaisant à long terme.