Dénivelé 24h tapis roulant

Dénivelé 24h tapis roulant

les defis de beat

Avez-vous déjà pensé faire du dénivelé pendant 24h sur un tapis roulant ? Avez-vous suivi Frédéric Dion, Ambassadeur pour les Camps de l’Everest et Yvan L’Heureux organisateur des Camps de l’Everest ? Oui, ces deux athlètes m’ont tenu en haleine, du mardi 16 février 13h au mercredi 17 février 13h.

Il faut dire que ce genre de défi est tout à fait mon style, dommage que je n’ai pas pensé à m’organiser pour le relever avec eux. Ou peut-être devrais-je dire : « heureusement que je n’ai pas pensé à m’organiser pour les accompagner !!! »

Frédéric Dion

Frédéric Dion

Je ne connais pas Frédéric Dion personnellement. Nous sommes tous les deux Ambassadeurs 2021 pour les Camps de l’Everest, avec 26 autres personnes. En tant qu’Ambassadrice, j’apprends à connaître petit à petit les membres de cette grande famille.

De cette façon, j’alimente mon site lesdéfisdebeat.com et surtout je peux partager avec eux la mission qui nous a été confiée. Faire connaître les Camps de l’Everest pour se garder en santé, une bonne raison pour bouger tout en restant motivé.

Frédéric a eu une merveilleuse idée pour se préparer à aller gravir le mont Logan. Faire du dénivelé pendant 24h sur son tapis roulant… Ce n’est pas une fabuleuse idée ? Vous ne trouvez pas? Par la même occasion, ça fait grimper le compteur pour le défi Everest, ça encourage les gens à grimper avec lui et/ou faire un don pour les différents organismes choisis par les ambassadeurs.

Yvan L’Heureux

Yvan est l’organisateur des Camps de l’Everest. C’est lui qui m’a offert une place au sein de sa grande famille de l’Everest.

Yvan a choisi d’accompagner Frédéric dans son défi. Oui, oui, vous avez bien lu, il va faire lui aussi 24h sur son tapis roulant par solidarité, chacun chez eux, mais ensemble.

Yvan L’Heureux

C’est en écoutant ça, que je me suis dit : « ben oui, c’est vrai, on aurait pu être solidaire et faire ce que l’on était capable avec lui… » À aucun moment cela m’avait traversé l’esprit avant d’apprendre qu’Yvan allait le faire.

Yvan et Frédéric sont amis. Ils vont pouvoir s’entraider à tuer le temps et s’encourager même s’ils sont à distance.

Vive la technologie

Je suis bien placée pour dire que sans la technologie aujourd’hui, on ne serait pas grand-chose.

Le tapis de course de Frédéric a été arrangé pour accueillir l’équipement informatique, caméra et micro afin de pouvoir rester connecté avec le monde extérieur.

Frédéric Dion

Frédéric a pu nous partager en direct son expérience, en nous donnant rendez-vous toutes les heures.

Il a fait des directs avec Yvan, ce qui était parfait de les voir en même temps. Il avait aussi des rendez-vous avec d’autres ambassadeurs, tels que Benoit Létourneau, Christiane Plamondon, Isabelle Bernier, pour ceux que j’ai pu suivre.

Ces interviews étaient très intéressantes et vous pouvez les retrouver en tout temps sur sa chaine youtube. En le voyant aller, ça paraissait tellement facile, il parlait comme si de rien était. Je n’ai pas pu être présente à tous ces rendez-vous, mais j’en ai vu quand même pas mal.

Incroyable du mardi 13h jusqu’au lendemain mercredi 6h, il n’avait pas l’air fatigué.

Le cerveau cogite

En suivant des aventuriers comme ça, c’est évident que le cerveau cogite, il est là à se demander : aurais-je été capable de tenir comme eux ? De parler comme ils le font, d’animer, de lire sur l’écran… J’en deviens étourdi de les regarder, je sens mes jambes qui bougent comme si je voulais les aider, j’ai le goût de courir…

Je les regarde, je trouve ça difficile pour eux. Je suis admirative, pensive en les écoutant.

Je ne veux surtout pas qu’ils arrêtent si près du but. Je sais que c’est difficile dans les derniers miles, mais ils sont capables, ils sont forts, ils sont bons, ils vont y arriver…

Je suis au travail, j’ai vraiment du mal à me concentrer pour rester dans mes affaires, j’ai juste hâte qu’il soit 13h.

Deux héros

Mercredi 17 février, il n’est pas encore 13h. Mes deux héros sont toujours présents sur leur tapis respectif. Ils sont fatigués. J’apprends qu’Yvan avait travaillé le mardi matin avant de commencer le 24h…

Je suis abasourdie… Pfff, mais qui sont ces hommes qui peuvent rester aussi longtemps debout sans dormir… En ayant la mine fatiguée, oui, mais si peu si on prend en considération ce qu’ils viennent de faire. J’ignore si j’aurais cette capacité sans dormir, je crains de devenir héritable !

Merci les gars vous m’avez inspiré. J’ai pu vivre cette aventure à travers vos belles réalisations, cela m’a donné une idée de la difficulté. Je devrais certainement l’ajuster à mon niveau si l’idée me passais par la tête d’essayer…

Mise à l’épreuve

Ah ben, cette fin de semaine, je ne peux pas aller à la montagne, car j’ai trop de travail à rattraper. Il n’est pas question pour autant que je ne fasse pas mes dénivelés.

Avec le boost que j’ai eu sur le tapis en suivant mes deux héros, je prévois faire mon entraînement à l’intérieur cela va me permettre de gagner 2 jours de travail.

Je prévois 3 fois 4 heures de dénivelé sur le tapis. Ça fait 4 ans que je n’ai pas fait de tapis roulant.

Dès la première journée, je suis déçue, je n’ai pas le plaisir du grand air. Cet air frais qui caresse et saisit les joues en hiver. La beauté de la nature, l’environnement, les gens… Vous l’aurez compris, ce vendredi, je n’étais pas prête pour cette expérience.

En changeant ma vision

Samedi, j’étais bien décidée à prendre du plaisir pour mes 4 heures de dénivelé sur le tapis. Je peux préférer courir dehors, mais apprécier courir sur le tapis malgré tout. Quand, je ne peux pas faire autrement, c’est quand même mieux que de ne pas faire son entraînement.

Voici ce que je me suis dit pour ne pas me dégoûter de ma course sur le tapis. En trouvant les bonnes raisons, les bons mots, j’ai pu compléter mon objectif sur le tapis en ayant aucune déception, mais plutôt une satisfaction d’avoir pu voir 5 films. Oui, je sais, il n’y a rien d’extraordinaire, mais ça fait des années que je ne peux plus regarder de films, car aussitôt que je m’assois dans le canapé, je m’endors… Ce n’est pas drôle… Mais c’est ma réalité…

Je ne tenterai peut-être jamais le 24h sur tapis roulant, mais c’est quand même une alternative que je vais me resservir pour faire mes dénivelés si je suis prise de nouveau par le temps.

Frédéric et Yvan merci de nous avoir fait vivre ces beaux moments, au plaisir de partager d’autres aventures en vrai ou à distance selon les possibilités qui seront permises.

Frédéric Dion gravira le Mont Logan très bientôt, je vous invite à suivre ses aventures passionnantes et motivantes.

Mon interview avec Sylvie Michaud

Mon interview avec Sylvie Michaud

Bonjour coureurs et coureuses, Aujourd’hui j’aimerais parler d’une personne que j’estime énormément pour ses accomplissements et sa joie de vivre. Je vais présenter mon interview avec Sylvie Michaud, une amie et une coach extraordinaire avec un cheminement pas très ordinaire.

Du début de ses premiers pas dans ce merveilleux monde de la course jusqu’à aujourd’hui, bonne lecture !

1. Explique-moi tes débuts, ta motivation, pourquoi la course à pied ?
Réponse : J’ai commencé par la marche, car j’étais trop lourde. Je pesais 250 livres à l’époque et Je ne me sentais pas bien du tout …alors j’ai décidé de prendre ma santé en main …. Après être devenue une pro de la marche, il me manquait quelque chose et j’ai commencé à courir petit à petit.

2. Comment décrivez-vous en tant que personne et coureur ?
Réponse : en tant que personne et en tant que coureuse, je suis la même … j’ai beaucoup de déterminations dans tout ce que je fais, et je prends aussi plaisir à ce que je fais…je m’amuse ! je crois que j’ai gardé mon cœur d’enfant.

3. Quelles sont tes plus grandes réalisations ?
Réponse : en tant que coureuse, il y a deux choses qui me rendre particulièrement heureuse. D’abord, c’est de courir encore avec autant de plaisir et de continuer à aimer courir vite et/ou longtemps …l’autre chose c’est d’avoir couru le marathon de Boston à une vitesse que je ne pensais pouvoir atteindre. Pour moi, ce sera toujours la preuve qu’on peut arriver n’importe quoi ou presque si on y met assez de travail et de persévérance.

4. As-tu déjà ressenti une baisse de régime ou un manque de motivations ?
Réponse : Bien sûr que j’ai des jours ou des périodes où je suis moins motivée, mais j’ai des petits trucs pour m’y remettre … je change d’objectif, de raison de courir …. Par moment, je cours par plaisir …pour moi toute seul …en fait la plupart du temps , c’est ce que je fais , mais j’aime me dépasser , j’aime avancer …alors inévitablement , l’envie me vient d’en faire un peu plus , de m’entrainer un peu plus fort ….et voilà ! hihihi!

5. As-tu d’autre projet ou réalisation pas encore réaliser ?
Réponse : Bien sûr que J’ai des projets, en fait, je n’ai que ça des projets, dans toutes les sphères de ma vie … vous en parlerez à mes proches ….lol! pour , ce qui est de la course , un de mes projets est de faire de très longue distance , genre 50 km et plus et en sentier … alors c’est pour ce type de course que je m’entraîne ces jours-ci.

6. Est-ce que t’as déjà eu une course difficile, parle-moi de ça ?
Réponse : hahah ! j’en ai eu plusieurs, en fait plus de courses difficiles que de courses faciles, mais une fois qu’elles sont faites, on s’en souvient plus et on veut recommencer …loll!
Ma plus difficile, est sans doute la seule course que je n’ai pas terminée et aussi Boston où il faisait très chaud et je résiste très mal à la chaleur et les équipes médicales m’ont fortement conseillée d’abandonner et c’est ce que j’ai fait après 20 Km parcourus de peine et de misère pour les 10 derniers kilomètres. Je n’arrivais plus à me refroidir et ma fréquence cardiaque était dans le tapis.

7. Est-ce qu’une personne t’a inspiré pour te motiver ou te lancer dans la course ?
Réponse : Plusieurs personnes m’ont inspiré … je suis plutôt une introvertie, j’ai donc commencé à courir toute seule par moi-même … et je ne connaissais personne qui courait.
Mais petit à petit, je me suis informée sur la course, j’ai lu tout ce qui me tombait sous la main et je me suis rendue compte qu’il y avait une communauté de coureurs qui existait. Les Coureurs Kenyans et les Éthiopiens m’ont toujours impressionné et j’ai suivi la carrière de plusieurs d’entre eux. J’ai assisté à plusieurs marathons, je me postais à 500 mètres du fils d’arrivée et je les regardais terminer leurs courses …et ça, ça m’a toujours inspiré de voir des personnes allées si loin, sans y être obligés … et donner toute ce qu’elles ont et tout ce qu’elles sont…. Quand j’ai besoin de me motiver, je regarde une course, n’importe laquelle, comme spectatrice… et inévitablement, j’ai envie de m’entrainer, de vivre ce qu’ils sont en train de vivre …c’est contagieux la course à pieds … alors mettons que tous les coureurs me motivent.

8. Depuis combien de temps tu pratiques ce sport ?
Réponse : je pratique la course à pied de façon plus soutenu depuis 17 ans. J’avais fait des essaies auparavant alors un autres trois ans, de essaies-erreurs je commence et j’abandonne …loll!

9. En tant que coach, qu’est-ce que tu as remarqué de tes étudiants ?
Réponse : Que tout le monde a peur de courir au début, ça fait trop longtemps qu’on ne l’a pas fait et tout le monde a peur d’en mourir … et tout le monde commence trop vite, ils courent trop vite, veulent en faire trop trop vite … mais tout le monde finit par se calmer ….un jour , on se rencontre qu’on peut prendre son temps parce que la course, elle va toujours faire partie de notre vie.

10. L’endroit que tu as couru et qui tu as particulièrement apprécié et devenue une de tes courses favorites ?
Réponse : En fait, j’en ai eu deux. Le demi-marathons de Montréal au printemps sur l’Île Notre-Dame … une course que j’ai toujours aimé courir …. Il fait frais la plupart du temps, on est dans la nature, c’est assez plat pour faire de bon temps aussi … tout ce que j’aime d’une course quoi ! et il y a eu pendant longtemps le marathon Toronto Waterfront. Il était tard en octobre, on partait tôt le matin donc, il faisait frais aussi et l’arrivée au centre-ville de Toronto était magnifique. Et, il y avait de la foule partout sur le parcours… ça a changé un peu avec les années, le départ du marathon s’est donné de plus en plus tard malheureusement … et je cours de moins en moins de course.

11. Quel conseil donnerais-tu à une personne qui commence dans la course ?
Réponse : Les deux meilleurs conseils sont : prends ton temps, tu as toute ta vie et amuses-toi … prend plaisirs à faire ce que tu fais, profites du moment.

12. Parle-moi de ton background en tant que coach ?
Réponse : Au départ, j’étais entraineur et non pas coach de course à pied. Je travaillais et j’entrainais les gens pour maintenir une forme physique générale. Et moi, je courais et comme je m’intéressais vraiment à la course et je suis un peu boulimique de connaissances, je voulais tout savoir de la course à pied alors j’ai lu tous les livres qui me tombait sous la main, en français, en anglais et j’ai ensuite enfilé les formations, avec la clinique du coureur entre autres Spartan, la fédération Québécoise d’athlétisme et Course à pied.
J’en ai mangé de la course à pied … je ne pensais qu’à ça!

13. Qu’est ce qui t’a motivé à devenir coach ?
Réponse : En fait, je n’y aurais pas pensé moi-même, c’est encouragé par les gens autour de moi, qui voyait ma passion et je crois qu’elle est un peu contagieuse cette passion.
Je voulais surtout partager mon amour de la course et le fait qu’on peut vieillir autrement.
Qu’on peut conserver un corps jeune pendant très longtemps …qu’on n’est pas obligé de perdre ses capacités si rapidement.

14. C’est quoi l’erreur que la plupart des coureurs font, selon toi?
Réponse : Je ne crois pas aux erreurs …les erreurs, ça n’existe pas. Il faut vivre les choses pour les intégrer et les apprendre. La Théorie, c’est une chose, mais c’est très différent d’intégrer les connaissances et pour ça, et bien il faut les vivre…donc, je crois qu’on doit les faire les erreurs, on ne doit surtout pas les éviter … car elles nous aiguillent plus rapidement dans la bonne direction … ceci étant dit, on fait tous les mêmes … commencer trop vite, courir trop vite à l’entrainement, courir pas assez vite en intervalles, etc.. Mais l’idée c’est d’apprendre et d’avoir du plaisir.

15. Aime tu toujours autant courir aujourd’hui maintenant que tu es retraitée ?
Réponse : Je crois que je retrouve l’amour de la course sporadiquement comme on retombe en amour avec son conjoint de longue date .Parfois , la course est juste là , dans mon quotidien , elle fait partie de moi , je m’habille , je sors , je cours, je reviens … la routine point… et il y a des moments , où je ressens encore cette joie , ce bonheur de me sentir libre et jeune … et il y a que la course qui me donne ça de cette façon…j’aime avoir les joues rougies , être en sueur et à bout de souffle au sommet de la côte et de la redescendre avec facilité , rapidement avec le vent qui me rafraîchit …y a pas une autre sensation qui se rapproche de celle-là. Alors oui, j’adore courir!

16. Quelles sont les bases d’un bon coureur ?
Réponse : Encore une fois, il n’y a pas de bons ou de mauvais coureurs. Tout dépend de tes objectifs … je crois quand même que pour trouver un minimum de plaisir dans la course à pied, il faut aussi développer un minimum d’athlétisme, donc faire autre chose que la course également. Il fait conserver des muscles forts qui éviteront bien des blessures et des tracas aux coureurs et qui rendront surtout la course plus agréable. Musculation, plyométrie, proprioception … le corps est fait pour bouger … c’est sa fonction première …. Dans un monde aussi sédentaire que le nôtre, il faut compenser pour notre d’activité … et bouger, bouger, bouger de toutes les façons.

17. Est-ce que tu as d’autre sujet que je n’ai pas abordé avec toi et que tu aimerais m’en faire part?
Réponse : Pour terminer, je veux juste qu’on sache qu’il est possible de changer. J’étais une fumeuse, obèse, pas du tout en forme et médicamentée. Je pensais que je ne me rendrais pas à 60 ans. Et bien , cette année j’aurai 60 ans et je me sens jeune , je suis en forme , je cours, je m’entraîne, je dors bien, je ne prends aucun médicament. Je vis dorénavant sur une terre où il y a un jardin immense dont il faut s’occuper et plutôt que de vouloir me la couler douce, j’ai maintenant une tonne de projet, je me sens comme une jeune fille… et je sais que c’est grâce à mon corps que je garde jeune. L’âge ce n’est pas juste dans la tête, c’est aussi dans le corps et il faut s’en occuper. Bien Manger et surtout manger peu, bouger beaucoup, dormir suffisamment. Une vie simple et sobre m’apporte toute la joie et le bonheur dont j’ai besoin.

Voici une superbe personne avec qui j’ai travaillé et que j’ai eu l’honneur d’avoir sur mon chemin, qui m’a motivé et ma donnée des conseils, qui a fait de moi un meilleur coureur et une meilleure personne. Cela m’a fait plaisir de vous la faire connaître et j’espère que vous avez apprécié cette interview. Aller les amis …allez courir et bonne course !!!

Courses Folles | Épisode 2 – Le Club de Course

Courses Folles | Épisode 2 – Le Club de Course

Andréanne Poisson Robert

Nico court tout devant le peloton. Ses petits shorts flottent au gré de ses mouvements fluides. Lui, il est né pour courir. En fait, il ne court pas, il vole. J’attends incessamment une intervention de la NASA: objet volant non identifié se baladant illégalement au parc Pélican…

Il nous a convaincus de nous inscrire au club après qu’on ait celé notre fameux pacte avec Joël et Marie. Je l’entends encore s’exclamer : Engagez-vous! Des intervalles, ça tient en forme, qu’il disait… Je me suis fait avoir comme un légionnaire romain dans Astérix.

− Quand ça fait mal, on en remet une couche! s’époumone le coach entre deux coups de sifflet. Il porte fièrement des bas de compression turquoise jusqu’aux genoux. Sa voix doit gagner deux tons avec tout le sang comprimé dans ses mollets. Marc Hervieux en serait jaloux.

− Joanie, tu arrêtes de compter les nuages et tu lèves les genoux plus hauts.

Merde, moi qui pensais m’être positionnée stratégiquement derrière l’arbre pour échapper à l’œil du lynx. Échec total. Me voilà à découvert. L’odeur de ma peur m’a trahie. Le coach la sent à des kilomètres à la ronde.

Up, up je lève les pieds. Encore deux intervalles. Il fait une chaleur écrasante et on court depuis plus de 40 minutes autour de la piscine municipale!! Notre entraîneur a dû suivre sa formation à Guantanamo. Chaque fois que je passe devant les grilles de la piscine, il y a cette même gamine qui mange son cornet de crème glacée avec une lenteur exaspérante. Je me surprends à espérer qu’elle se foule le poignet et que sa boule choco-vanille tombe et roule vers moi. À regarder mes collègues dans le peloton, les couteaux voleraient bas, ne serait-ce que pour une lichette du Saint Graal. Il n’y a que Nico l’air de rien, qui semble s’amuser. Il n’a pas, contrairement aux simples mortels, les jambes recouvertes de bouette, d’immenses auréoles sous les bras et le visage crispé d’avoir frappé un mur. J’envie mortellement Marie et Joël qui sont partis « se ressourcer » près d’une plage au Nicaragua.

Enfin, plus que 25 mètres. Je me permets même un petit sprint pour rattraper Nico, question d’honneur. Il me regarde en souriant. Je le dépasse avec l’énergie de l’orgueil. Wahhoo! Je tombe pratiquement dans les bras du Coach. Étonné par mon arrivée peu gracieuse, il s’exclame tout de même : Bravo les Autruches! C’est maintenant l’heure de la surprise.

Une surprise! Ne me dites pas que Coach Guantanamo en personne nous aurait apporté une bière froide! Finalement, je l’aime bien le bonhomme. Derrière sa moustache de dictateur se cache un homme au grand cœur.

− Vous me faites deux montées de la butte en R4 et c’est ma fille qui chronomètre.

La gamine choco vanille s’approche, le visage collant de crème glacée, un sourire sadique aux lèvres. Je n’en reviens pas! C’est sa fille! Comme quoi, la pomme ne tombe jamais loin du geôlier. Et c’est reparti pour un tour!

Faut toujours se méfier des surprises, me glisse Nico à l’oreille. Ouais mes pauvres jambes commencent à le comprendre. Hop hop une dernière montée, les cuisses en feu.
− À la semaine prochaine, coach!

Dans le fond, j’aime ça souffrir. Surtout quand c’est fini.

 

Boston

Boston

Mars annonce le printemps, et le printemps annonce Boston. Plutôt, le printemps est l’apanage de Boston, ville sur laquelle s’échoue le plus vieux marathon au monde, qui ouvre dans la plupart des esprits la saison des grandes courses. Il y a certes Tokyo en février et Londres en avril, mais le rêve est perpétuellement américain. C’est sur les terres du Massachusetts, là où s’est construite l’Amérique, que les coureurs rêvent au moins une fois d’user leurs petites semelles sur la grande ornière de l’Histoire.

J’y étais, il y a deux ans.

Je me souviens, gamin ou ado, être tombé à quelques reprises sur le marathon de Boston à la télé, toujours un lundi de grisaille, chose inouïe puisque dimanche clôturait habituellement le noble sport (d’endurance, j’entends) au petit écran. Mon père m’avait alors raconté l’histoire de Jacqueline Gareau et de Rosie Ruiz. Mais j’en savais peu, et m’intéressais de loin à ces choses au si long cours, en la monotonie desquelles je m’inclinais avec égards mais sans ambages, laissant les autres battre le plat bitume, batailler interminablement hors des forêts, hors des montagnes, en dehors de tout véritable paysage, dans quelque bled prosaïque, sur des rues dont les noms rappelaient trop bien ma morne existence citadine.

Puis, le lundi 15 avril 2019, j’étais de ces autres, dans un bled nommé Hopkinton, et rien ne me paraissait plus extraordinaire que la succession de chemins asphaltés menant à Boston.

La veille, dans mon appartement loué, j’avais vu Philippe Gilbert triompher sur le vélodrome de Roubaix et le rondelet Patrick Reed affubler Tiger Woods du veston vert à Augusta. Paris-Roubaix en cyclisme, le Masters au golf, Boston en course à pied, la troisième d’avril est toujours la première à marquer au calendrier.

Le matin de la course, très tôt, il fallut prendre un autobus et quitter la belle ville pour atteindre l’obscur village. Dans les tristes ténèbres pleines de vent et de pluie, j’avançai en trottant, en marchant, en courant, croyant faire là un échauffement précoce et salutaire mais ayant trop chaud, cependant que rien n’était plus désagréable dans l’attirail que m’imposaient la Nouvelle-Angleterre et sa météo boudeuse. Un poncho en plastique, du genre de ceux qui – recevant la pluie, mais tenant captive la sueur – restent mouillés en tout point, et des sacs blancs d’épicerie noués aux chevilles plombaient mon allure, un peu le moral aussi, semblaient menacer jusqu’au temps que j’espérais fracasser dans quelques heures. Des petits fantômes, frères et sœurs d’armes, de partout surgissaient d’entre les bâtiments endormis, sur les rues noires que seuls éclairaient les feux de circulation tricolores. Peut-être formions-nous alors, minable procession de ponchos, aux yeux indifférents des passants qui s’en allaient travailler, l’étonnant rappel du bordel à venir dans leur métropole, comme un second cadran du matin qui marquait pour nous plus que pour eux une grande et importante journée.

Dans l’autobus, je pris place aux côtés d’une femme de mon âge, puis entamai mon gruau pris en pain sur l’étroite banquette brune de mon enfance. Durant l’interminable trajet, je m’excusai trop de fois auprès d’elle, lançant niaiseusement : « Sorry, sorry, I hope it’s OK », comme si avaler de l’avoine en poncho dans un autobus scolaire relevait du péché. L’expiation, elle me l’offrit pourtant chaque fois qu’elle osait cette gentillesse : « No, no, of course, go ahead, it looks good ».

Parvenus sur les lieux du départ, ce fut la guerre pour trouver abri, car avant même le manque de sommeil, le surentraînement, le sous-entraînement, les blessures, les ressorts imprévisibles de la digestion, la mauvaise connectivité GPS, la prime crainte du coureur le matin de la course est de mouiller l’empeigne neuve de ses souliers. Des tentes à perte de vue abritaient des mines flegmatiques, rêveuses, absentes, cordées serrées, les plus chanceux assis sur la pelouse humide, les autres debout à scruter le prochain à se dépêcher vers les toilettes chimiques. Moi-même dus m’y résoudre à la toute fin, après près de deux heures d’immobilisme, et quitter mon bout de gazon à regret, mais les files indiennes tous azimuts vers les toilettes me bloquaient déjà la voie, m’empêchèrent d’espérer pouvoir vider mon thermos de café plein la vessie et les boyaux à temps pour le départ.

Ma qualification inespérée, le temps au marathon de Philadelphie à abaisser à tout prix, la vigueur relative de mes jambes, ma présence même à Boston, tout cela disparu, mis en sourdine par mon ventre prêt à éclater. Le départ était imminent. Dans la cohue, il fallut me débarrasser de mes collants, lambeaux rouge et bleu, vieilles étoffes élimées portant en dégradé le nom de mon ancien club de ski de fond : Fondeurs Laurentides. Tout était fourré dans de larges poches que tenaient ouvertes les bénévoles contents. Thermos, sac à dos, poncho, perdus aussi pour toujours.

J’hésitai à retirer ma casquette pendant l’hymne américain, la calotte sur le cœur me semblait une peine dont le Québec et les autres nations pouvaient bien être exonérés. Au coup de départ fusant enfin vers un soleil qui nous surplomberait toute la journée, nous nous enfonçâmes mais trop lentement, sans propulsion franche, comme un déversement de boue, avec tout juste l’élan gravitationnel. Sur les bordures de trottoir, entre les boîtes aux lettres, sur les terrains mêmes des badauds qui applaudissaient devant leurs maisons victoriennes, et dans l’atmosphère desquelles lévitaient des relents de saucisses et de boulettes (les Américains rompus le matin au barbecue plus qu’à l’athlétisme), je m’affairai à contourner, dépasser, enjamber, rattraper. Au premier point de ravitaillement, le bitume était patinoire, et il fallut force adresse parmi les torrents d’eau et de Gatorade, jonchés de milliers de petits cônes de carton et de quelques épaves (trois ou quatre corps échoués sur le sol glissant). Les montres hurlaient, les drapeaux virevoltaient, nous étions bel et bien chez nos voisins du sud.

Si d’un long trait ma Garmin put dessiner mon allure (le pace, oracle du coureur, l’aiguillant au paradis ou tout droit en enfer), un cardiologue d’abord inquiet se serait réjoui de le voir décoller enfin au trente-deuxième assaut (kilomètre), piquant vers la stratosphère et tergiversant dans les hauteurs jusqu’à la fin, et aurait cru y déceler une renaissance de cœur. L’inverse, manifestement, se produisit, ou plutôt rien de tout cela, car alors que je courrai les deux premières heures à cadence de métronome comme un champion, j’avais la mort aux jambes. Mon sang fumait à gros bouillons (le poncho, coupable?). Vivant, je ne l’étais que d’après la sonnerie de ma montre qui me le rappelait nonchalamment, chaque kilomètre. Mais je tenais bon pourtant, je ne sais comment, enfin si : par orgueil, à coup sûr. Et ce n’est pas par poésie de la mise en abîme ni par penchant métaphorique que je m’arrêtai finalement dans la célèbre Heartbreak Hill, côtelette terrible, puis marchai défait les kilomètres suivants. Ma blonde me dit plus tard qu’à ce moment, elle qui suivait avec son père la course à la maison (bien enceinte et clouée là pour des raisons d’assurance), vit le cercle GPS portant mon nom disparaître soudainement de l’application sur son téléphone. Volatilisé, car trop lent. Quelque part, dans la stratosphère, je suçais un popsicle orange, philosophais sur les racines de l’existence en pensant au classique de Kundera, que je n’avais par ailleurs jamais lu : la vie est ailleurs.

Je fus le premier de retour dans l’appartement, tandis que ma mère en digne maman (qui m’avait accompagné dans mon escapade bostonnaise, ma grande sœur et ses enfants aussi) cherchait son fils parmi lits et civières de l’infirmerie non loin de l’arrivée. Au souper, une fois tous réunis, ma sœur qui connaissait pourtant bien son frère et devinait aisément mon amertume, devisa avec sagesse et un trop franc sourire :

« C’est une bonne leçon de vie, peut-être la meilleure chose qui puisse t’arriver. »

Mon frère me dit la même chose au téléphone. Dans deux semaines, ma fille verrait le jour, en détournerait le tranquille cours, et m’apprendrait que ces petites défaites ne sont rien. Ma sœur et mon frère avaient entièrement raison, mais je n’étais pas encore père, et avant de le devenir, je continuais à jouer le gamin ébauchant de grands rêves, ébauchant en secret ce soir-là au sein du tumulte des analyses post-course et méta-analyses de vie un souhait inavouable et incertain : Boston, dans ta grande ornière je reviendrai.

***

Le titre de mon dernier (et premier) article, Fartlek, ne cherchait pas à tromper le lecteur, mais en jeta quelques-uns dans une inévitable méprise. Ce terme suédois, désignant étymologiquement un jeu de vitesse, trouve aujourd’hui d’amoindris échos à l’ère des plans d’entraînement, de la souffrance orchestrée, structurée, chiffrée. Le fartlek, ostentatoirement dépourvu de cadre, de règles, décliné en vitesse selon l’agrément du sujet, d’après les ondulations du sol et les soubresauts de la volonté, échappe tout à fait à la mesure. À l’image, en bref, de mon texte fuyant et un peu comme la plume – brouillonne, changeante, ludique – dont le jeu sans cesse dissimulé est celui de la démesure.

Courir pour mieux vivre

Courir pour mieux vivre

Selon le Journal of the American College of Cardiology, les gens en santé qui s’entraînent et complètent un premier marathon retranche l’équivalent de 4 ans à leur âge vasculaire.

Les chercheurs ont associé cet entraînement à une réduction de la pression artérielle et de la rigidité de l’aorte. Le durcissement des artères est une conséquence normale du vieillissement, mais il augmente aussi le risque de problème cardiovasculaire chez des individus autrement en santé.

J’ai toujours pensé qu’en étant actif, j’éloignais la maladie et les médicaments qui suivent. Et il faut dire que j’ai toujours eu une aversion envers les divers produits chimiques qu’on donne à notre corps pour retrouver la santé. Rendu à 62 ans et avec toutes les activités physiques que j’ai pratiquées, je peux valider que cette croyance est vraie. Je remercie l’univers à tous les jours de me réveiller avec toutes mes facultés autant mentales que physiques. Car je travaille quotidiennement auprès d’une clientèle qui ont des limitations de toutes sortes. Donc, c’est avec une immense gratitude envers la vie que j’embarque dans mes espadrilles pour m’élancer sur différents parcours.

Et ce n’est pas demain que ça va se terminer quand je regarde le Britannique John Starbrook qui a 87 ans a couru son 33e marathon de Londres en 2018 en un temps de 8 heures et 21 minutes. Bon, vous allez me dire que c’est un phénomène, un peu dans le genre de Phil Latulippe qui a commencé à courir à 48 ans pour finalement plus tard, à 62 ans traverser le Canada à la course à pied. Il a même répété l’exploit à l’âge de 70 ans. Mais avant tout, il faut se respecter avec les dispositions génétiques que nous possédons. Tout est relatif. Courir 1 km peut être aussi méritant que le record d’Éliud Kipchoge de 1h59 pour un marathon.

Évidemment, la course à pied nous apporte aussi un meilleur sommeil mais également nous oblige à surveiller de plus près notre alimentation qui est quand même le carburant de notre véhicule. L’écrivain André Malraux disait : ‘’il faut ajouter de la vie aux années, pas des années à la vie.’’ Pourquoi pas les deux.

Le grand ménage

Le grand ménage

Stéphane Castellon

* Bien que cet article ne traite pas spécifiquement de course à pied, nous le publions quand même car tout coureur aguerri sait très bien que le printemps et un bon moment pour faire le ménage dans ses entraînements passés ou les vieilles paires de soulier de course.

Êtes-vous du genre à aimer faire le ménage du printemps ?
Avez-vous hâte au mois d’avril et au beau temps qui l’accompagne pour justifier ce grand ménage ?
Vous regardez peut-être toutes ces choses que vous possédez ou pire, vous pensez à celles que vous ne voyez plus parce qu’elles sont dans des boîtes enfouies sous un amas d’autres boîtes depuis des années, abandonnées dans le garage, le grenier ou une pièce à « débarras » qui ne sert qu’à entasser ces objets inutilisés et vous vous dites : « J’ai trop de choses ! »…

En 2006, j’habitais un bel appartement spacieux, parfaitement divisé pour mes besoins. Un coin bureau, deux belles chambres à l’arrière, une cuisine pouvant recevoir quelques invités, une grande salle de séjour, plusieurs garde-robes et beaucoup d’espace de rangement, des armoires, d’autres armoires et un maudit grand « locker ». Mon pire ennemi ! Je pouvais y entreposer un vélo, l’aspirateur, un surplus de papier hygiénique, des conserves, une mini épicerie en cas de guerre mondiale et des dizaines de boîtes incluant le sapin de Noël et toutes les décorations dont on ne se sert qu’à moitié mais qu’on garde d’une année à l’autre parce que « la tite-boule spéciale, c’est ma sœur qui me l’a donnée » ou « cet ange aux ailes brisées qui me rappelle un moment tendre de mon enfance ». ( !!!)

J’avais aussi plusieurs boîtes à souvenirs qui me séquestraient dans un passé duquel j’essayais de m’enfuir, de vieilles factures, des papiers d’impôts passés date, des photos de gens que j’avais oubliés…

Ce jour de 2006, j’étais assis sur mon divan. Je regardais la télé que j’ai soudainement éteinte pour faire un scan de mon environnement. Je me suis rapidement senti étouffer et écrasé par tout ce matériel. Les cinq jours qui ont suivi ont servi à faire le vide et à enlever de la lourdeur à ma Vie. Je passais en revue chaque espace, un à un, chaque tiroir, chaque tablette et je les vidais de leur contenu en me posant toujours la même question : « Est-ce que ça me sert encore ? » Je me suis libéré de tout ce surplus avec fougue et plaisir, un peu d’angoisse et quelques fois, de la peine. Mais quelle libération !

Depuis ce jour, à chaque printemps et aussi à la fin de l’année, je refais cet exercice. Je suis inspiré par plusieurs traditions et rituels d’un peu partout dans le monde concernant la purification de notre environnement. Il y a le Feng Shui qui invite à faire circuler l’énergie et à tout nettoyer avant le nouvel an ou les Danois qui, le 31 décembre, brisent la vaisselle qui a été ébréchée durant l’année avec l’aide de toute la famille pour faire place à la nouveauté.

Selon mes expériences, j’ai réalisé que ce qui est pêle-mêle dans les tiroirs, les penderies remplies de vêtements qu’on ne porte plus, les boîtes contenant des souvenirs, des cartes de souhaits dont on a oublié la provenance et le trop plein qu’on cache sous le lit ou dans le sous-sol, tout ça laisse traîner dans les recoins de notre esprit, de la poussière de souffrance, des fils d’araignées qui nous tiennent prisonniers de nous-mêmes, des odeurs qui nous rendent malades et des « bibittes » desquelles on veut se libérer. Mais on s’acharne à tout garder par peur du changement, peur d’oublier, peur, justement, d’être libre.

Je vous invite à tenter l’expérience de vous défaire d’un seul objet difficile à laisser partir mais dont vous ne vous servez plus. Je vous mets au défi d’ouvrir un seul tiroir, d’en faire l’inventaire et de vous départir de ce qui est maintenant inutile. Vous verrez comment vous vous sentirez après que ce tiroir, cette armoire ait commencé à respirer. Je soupçonne que même votre souffle sera plus profond.

À ce jour, j’ai des tiroirs vides, de l’espace inoccupé sur des tablettes dans un petit « locker » qui me met chaque jour au défi parce tout ce dont je n’arrive pas à me débarrasser s’y entasse pendant un certain temps : amertume, colère, tristesse, souvenirs, boîtes de carton…

Mais les tiroirs vides, eux, respirent, s’amusent et s’éclatent de plaisir tant la liberté est grande…Tout comme mon esprit qui reprend son souffle, le temps que le « locker » soit trop plein de nouveau…et que le printemps revienne.