La femme sportive

La femme sportive

Est-ce que ça vous parle? Moi oui, car je suis une femme et je suis sportive.

Quand j’ai débuté la course à pied, j’ai vite constaté que c’était un monde ou la testostérone coulait à flot. Il a de très grands coureurs masculins… On connait leur nom, mais quand est-il des coureuses (coureur au féminin). Il y en a, mais peut-on les nommer ?

Je ne parle pas ici quel nom est le plus connu, mais si vous vous poser la question, vous devriez facilement nommer un à deux coureurs masculins, mais peut-être pas féminin. À moins qu’une grande coureuse fasse partie de votre vie, fort à parier que c’est le son des criquets que nous entendrons en attente de la réponse à ma question 😉, si je me trompe, alors vous faites ma journée.

Je trouve ça dommage…. La course à pied est un sport qui peut est praticable par les deux versions humaines de notre société, pourquoi n’en connait-on qu’une partie? Est- ce que parce que c’est dû au fait que les femmes parlent de leur sport ou exploits moins fort que les hommes?

Pourtant si on court, on ne devrait pas le faire pour la renommée que celui-ci peut nous apporter, mais pour le plaisir de le faire simplement.
C’est bien évident que si les deux sont possibles, comme on dit ‘’ Why not’’.

Le monde de la course voit définitivement la différence. Les hommes courent plus vite d’ordre général. Surement pour plein de raison autant physique que situationnelle. Mais les performances ou résultats obtenus sont tout autant importants et notables. Il est certain que l’on sera impressionné par un résultat de marathon rentré en 2h1min9sec côté masculin, mais le record féminin chez la femme serait de 2h14min4sec non battu depuis 2019. Celui côté masculin fût établi en 2022.

Bon ici on parle de record…. Et pas chez des caucasiens vous vous en doutez quoique les résultats ne soit pas tant plus lent, on parle d’au maximum 4 minutes chez les hommes.

Même les temps de qualifications des grandes courses tel que Boston font une différence. Mais c’est logique… quand on compare les résultats après une course… Il y a quelques exceptions de femmes plus rapides, mais même dans les courses d’ultra marathon, les premières positions auront souvent tendances à être occupées par des hommes.

Pourquoi je vous jase de ça? Je suis loin d’être une coureuse ultra rapide, mais je me défends bien. Je reviens du 24 heures de Tremblant je participais au volet marche/course et j’ai terminé 2e sur 933 et première femme, avec un 132 kilomètres de parcourus. Je sais bien qu’il s’agit d’une ‘’expérience’’ qui n’inclus pas QUE des coureurs aguerris… Mais quand même si un certain pourcentage ne pratique pas la course à pied de façon assidue, une certaine partie le fait, alors c’est tout de même un très bon.

Quand je vais en parler soit à des collègues de travail, après m’avoir félicité, on me traite de folle, de crinquée, de machine, de force de la nature et même d’extraterrestre, oui oui… Bon le folle et force de la nature, je veux bien, j’ai tout de même fait 132 km en 24 heures… Pourtant, il y a quelqu’un à la première place, un ami en fait qui a réussi à faire un tour de plus. Et de son côté il reçoit de belles félicitations mais ne se fait pas traiter de rien d’autre. Attention, je ne me plains pas du fait de ce qu’on peut me dire, ça reste flatteur, mais je tente de vous expliquer que de ma vision des choses, je ne vois pas tant ce que j’ai fait d’exceptionnel en soi…

De deux choses l’une, et les deux sont possibles, soit que c’est moi ‘’ le problème’’ en ne réalisant pas ce que je viens d’accomplir… soit le fait qu’une femme se rapproche d’aussi près d’un résultat masculin fait du résultat quelque chose de comparable. Au lieu d’être comparé à un résultat obtenu par une femme ou un homme, ça devient un résultat global.

Alors voilà, une femme qui réalise de bon temps, fera plus ‘’jaser’’ durant un certain temps, mais on parlera plus fort des résultats populaires des hommes.

Pourquoi ce blabla ? Surement une simple prise de conscience que je partage à haute voix 😉. Comme mentionné, étant une femme qui réalise bien, mais qui est loin d’être parmi les plus rapides…. J’ai un bon moral et une force mentale à toutes épreuves (à croire) et je reste toujours étonné des réactions de mon entourage.

Je crois que les prises de conscience que l’on peut prendre en regard à une activité ou sport qu’on pratique, fait partie en soi intégrante du processus. Autant que d’analyser nos chiffres en fin de course, toujours dans le but de savoir OU l’on se situe. Pas pour battre quelqu’un de précis par contre.

Et peut être que pour une femme qui aime la compétition surtout avec soi-même, car c’est notre plus grande source de motivation (se battre soi-même), cela devient encore plus significatif… Mais peut être que tout ça n’est que du blabla sans fondement aussi.

Mais ça reste une discussion ouverte. 😉

S’entraîner avec des Supershoes, une fausse bonne idée?

S’entraîner avec des Supershoes, une fausse bonne idée?

Le lancement de la première version des Nike Vaporfly 4% en 2017 a bouleversé le monde de la course sur route, particulièrement sur l’épreuve du marathon. D’autres manufacturiers se sont peu à peu mis à proposer des produits alternatifs au fil des ans et on voit même de nos jours des chaussures à plaques de carbone sur la scène trail.

Cette démocratisation de l’offre a entraîné une alternative aux consommateurs qui, comme moi, ne trouvent pas leur compte avec Nike. Cette diversité de l’offre a permis aux personnes avec une physionomie de pied différente de trouver un manufacturier pouvant répondre à leurs besoins.

De plus, le prix demandé par les compétiteurs de la marque au crochet sont généralement inférieurs et les ruptures de stock ne sont plus un enjeu. Aussi, avec l’inondation du marché des chaussures de pointe par les fabricants, il n’est pas rare de voir certaines de ces super chaussures en liquidation au même prix qu’une chaussure traditionnelle. Ce qui nous amène au sujet d’aujourd’hui : Est-ce une bonne idée de s’entraîner avec ces super chaussures (les supershoes, comme les manufacturiers les appellent)? Je vous présente d’abord la genèse de mon expérience et on reviendra sur ce sujet à la fin.

Premier contact

S’entraîner avec des Supershoes, une fausse bonne idée?

Mon premier contact avec les chaussures à plaque de carbone fut avec les Asics Metaracer, un produit très léger et avec une tendance à vous faire balancer vers l’avant. J’ai porté ces chaussures jusqu’à atteindre la barre des 600 kilomètres, où je devais me rendre à l’évidence que la mousse (particulièrement d’un côté) s’affaissait passablement. J’ai placé rapidement ce modèle à la retraite pour éviter de développer une surcompensation de l’autre pied. Ma première expérience avec une super chaussure fut toutefois très agréable.

On récidive chez Adidas

S’entraîner avec des Supershoes, une fausse bonne idée?

Mon deuxième contact avec les chaussures à plaque de carbone fut avec les Adidas Adizero Pro. Cette rivale de Nike se présentait davantage comme une chaussure prête à affronter les distances allant du 5KM au semi-marathon. Il m’est d’ailleurs apparu évident, dès les premiers kilomètres, que la fermeté de ce modèle allait me faire payer cher les longues distances parcourues avec eux aux pieds. Mon deuxième achat fut les Adidas Adizero Adios Pro. Cette chaussure, au look discutable, allait vraiment révolutionner mon impression des chaussures au plaques de carbone. Je me rappelle très bien avoir eu le sentiment de marcher sur la lune tellement la mousse était confortable et réactive. Encore aujourd’hui, cette chaussure fait partie de mes coups de cœur. Tous mes records personnels sont encore inscrits avec ce modèle, du 5KM au marathon. Au marathon de Chicago en octobre dernier, je portais la version 2 de ces mêmes chaussures.

Une visite chez Saucony

S’entraîner avec des Supershoes, une fausse bonne idée?
Payés en solde à un peu plus de 100$, la super chaussure Saucony Endorphin Pro fait aussi partie de mes coups de cœur. Le confort de sa mousse et la facilité avec laquelle on glisse notre pied à l’intérieur font de ce modèle un choix facile pour les longues sorties où des blocs à allure marathon sont prévus. Finalement, la durabilité de cette chaussure m’impressionne. Sur le premier modèle acheté, les 800 kilomètres au compteur n’ont pas encore trop d’impact sur la structure de la chaussure. Je l’utilise encore fréquemment.

Bilan et questions

Dans l’univers de la course à pied au Québec, certains sont des détracteurs des supershoes. Ils parlent alors de ces modèles comme ayant davantage un effet psychologique, voir placebo sur les performances. Toutes les opinions se valent et la divergence de celles-ci est bénéfique pour le débat public, mais dans le groupe de coureurs avec qui j’enfile les kilomètres il n’y a pas beaucoup d’ambiguïté : Les chaussures aux plaques de carbone sont désormais incontournables.

Je reviens toutefois au titre de l’article. Est-ce une bonne idée de s’entraîner avec ces chaussures. Au plan strictement de la performance, j’ai l’impression de m’être habitué à ces mousses confortables et performantes, au point où le jour de la compétition j’ai moins l’effet « wow » escompté. Encore une fois, est-ce là l’effet placebo qui vient biaiser ma perception? Toujours est-il que mon approche lorsque ces chaussures seront trop usées pour m’entraîner avec sera de les remplacer par des chaussures dites plus « traditionnelles ». Je me tournerai alors vers les Endorphin Speed, Adidas Adizero Adios, Adizero Boston ou Adizero SL.

Et vous? Une partie de votre entraînement se passe avec des souliers aux plaques de carbone ou pas?

Du côté de chez Bjorn

Du côté de chez Bjorn

Cela fait une petite éternité maintenant que la Norvège me colle à la peau, que je m’affuble d’elle, de sa belle croix bleue et blanche couchée sur son lit écarlate. Né quelque part entre les Jeux d’hiver de Sarajevo et ceux d’été de Séoul, j’avais tout juste huit ans lorsque la télé me renvoya les images oniriques de mon baptême olympique, une vaste mer rouge sur fond de neige (de cette neige cristalline, faste et abondante comme il ne s’en conçoit plus tellement aujourd’hui). Lillehammer scintillante sous son azur et son soleil, emmitouflée dans ses drapeaux et ses vapeurs. Tout un peuple rieur ramassé en larges grappes, enserrant les fondeurs — le ski de fond est aux fondements de tout, là-bas — dans un tumulte de cloches et de cris, pendant civilisé du Tour de France et de son maillot jaune livré dans les hauts cols à toutes les injures, aux passions les plus exaltées. Certaines fières gueules, déposées çà et là aux abords du stade Birkenbeineren, se faisaient fines bouches; marmites et petites grilles fumaient joyeusement parmi les épinettes. L’on se plaît à croire qu’il devait bien se boire force café, quelques alcools aussi, au sein de ces grandes réjouissances nationales. On se figure comme une colonie de lutins blonds aux joues sanguines, tirant leurs rejetons sous une montagne de couvertures, enfouis dans des embarcations ayant des siècles plus tôt appareillé, pleines de Vikings atrabilaires, vers les mers noires du Groenland, puis reconverties en minuscules et braves traîneaux. En 1994, les jeux hivernaux se déployaient sur vraie neige (il ne venait à l’idée de personne à cette époque d’en autoriser la tenue dans le désert).

Bjørn Dæhlie, cet illustre nom me roule dans la bouche alors que j’apprenais encore à attacher les lettres du mien. Thomas Alsgaard, Vegard Ulvang, Erling Jevne. Plus récemment, Petter Northug, Martin Johnsrud Sundby, Johannes Høsflot Klaebo. Combien sommes-nous aujourd’hui en Amérique à ne connaître qu’un seul d’entre eux? Mais qu’importe, alors que la Norvège ne cesse d’enterrer l’oubli, d’engendrer des géants, hiver comme été, sur neige comme sur le bitume. Le triathlon, dans ses trois principales déclinaisons (olympique, demi-Ironman, Ironman), autrefois une affaire d’Australiens, de Néo-Zélandais, d’Américains et d’Anglais, est pris d’assaut depuis un an par deux rigolos de Bergen qui battent furieusement la mesure. Gustav Iden et Kristian Blummenfelt, inséparables comme Bouvard et Pécuchet, ne semblent pas à première vue attachés comme les antihéros de Flaubert à la science, mais en sont devenus les instruments de laboratoire à l’aune desquels les meilleurs se comparent, et se désolent. Un autre hurluberlu de Norvège, Jakob Ingebrigtsen, rafle tous les records et titres aux épreuves de demi-fond (1500 et 5000 mètres) en athlétisme. À première vue, on devinerait un prodige du piano, un simple étudiant en lettres ou un bibliophile invétéré. On ne donnerait pas cher de sa peau (tellement blême) aux côtés des fines jambes d’Afrique. Ce petit côté princier, cette allure dégingandée, ces départs étonnamment lents, tout pour précipiter sa chute apparente; puis, en bout de piste, des débordements implacables, des remontées fracassantes, l’index brandi sans coup férir, le visage impassible, à la limite de l’insolence.

Les Norvégiens, qui se démarquent dans la vie politique comme sociologique sur tous les tableaux, qui font figure de premiers partout et tout le temps, se montrent exemplaires jusque dans l’art de souffrir. Le test du VO2 max (lequel calcule la consommation maximale d’oxygène), vieux comme le pâté chinois, ce sont eux encore qui en rajoutent une couche et qui ne cessent d’en repousser les seuils sulfureux. Cet atavisme ne tient pas du hasard.

À l’école secondaire, chaque année, la session d’éducation physique devait culminer à son point le plus redouté, tant exécré par les élèves : le test de Cooper, qui mesure tout autant mais avec moins d’exactitude l’élasticité de nos souffrances cardiovasculaires. Il fallait alors pendant 12 minutes parcourir la plus grande distance en course. Certains se volatilisaient après quelques tours, trouvant refuge derrière les gros chênes bordant la piste. C’était pour mon frère et moi au contraire notre quart d’heure de gloire. Si taciturnes en classe, l’on faisait éclater enfin nos coquilles et chanter nos égos rabougris. La même histoire se répétait au test du bip, où il fallait courir d’un mur à l’autre du gymnase à la cadence imposée par ce signal sonore, l’intervalle de temps entre chaque son se réduisant sans cesse. À la fin, seuls jouaient encore la navette les deux frères, les Léger1, les deux gars ayant une décennie plus tôt préféré au ski alpin, au football, au hockey et aux jeux vidéos hallucinatoires l’obscurité toute scandinave du ski de fond.

L’hiver est ma Norvège, n’en déplaise à Vigneault. La Norvège, ce n’est pas un pays, c’est mon hiver. J’aimerais croire que mon Québec est aussi cette Norvège lointaine, cet hiver de 1994.

1 Par un hasard qui m’échappait jusqu’à ce jour, l’on appelle aussi ce supplice imposé aux adolescents québécois « test de Léger », test homonyme de son créateur Luc Léger, sans parenté aucune cependant avec ma famille maternelle immédiate.

Une défaite classique

Une défaite classique

 

Parti courir

Une défaite classique, post-moderne, contemporaine

Je suis parti courir. Sur la rue Racine à Chicoutimi. Dans ma tête, à l’époque où la ville s’appelait encore Chicoutimi (Saguenay, Seigneur…) et la rue Racine vibrante. Il y avait Chez Georges, où se tenait toute la classe politique, Laflamme le tailleur et Bégin le vendeur de chaussures, le siège social des magasins Continental et, un étage au-dessus, CJMT, la station de radio où je travaillais.

J’ai reçu la semaine dernière un cadeau qui m’a ramené à cette époque. Un T-Shirt portant le logo du magasin La Boite à musique. Yves Hébert, m’avait annoncé « une surprise », celle-là était de taille.

Car sur la rue Racine, il y avait aussi La Boite à musique. La boutique de disques de deux collègues et amis de CJMT, Yves Hébert et Louis Trépanier.

Une vraie boutique, avec des vrais disques en vinyle. Pas de la musique « dématérialisée » qu’on loue en ligne. Un local, des présentoirs, des posters de groupes, des clients, une caisse avec des billets de banque. La totale.

La boutique appartenait à des chums, j’y allais souvent. Tellement qu’ils ont fini par me faire une offre : y travailler quelques heures par semaine, rémunéré en disques. « Travailler », était beaucoup dire. Repartir avec une brassée de disques, trop beau pour être vrai.

Ne pas payer les disques encourage à essayer des affaires, quitte à ce que ça devienne une pochette-ramasse poussière. J’ai découvert comme ça Joe Jackson, Chuck Mangione, Keith Jarrett, un paquet de musiciens ayant partagé une session de studio avec Neil Young ou James Taylor et aussi, Steve Reich.

Steve Reich c’est un grand nom de la musique « minimaliste ». Particulier, intéressant, vraiment pas pour tous les goûts. Les experts le décrivent comme classique, post-moderne, contemporain (une autre façon de dire « pas pour tous les goûts »). Il venait de sortir l’album Tehillim : côté A, 17 minutes 25 secondes interrompues d’une phrase musicale d’inspiration traditionnelle juive, répétée en décalage. Côté B… pas mal la même affaire.

Dieu sait pourquoi, j’aimais ça Tehillim.

Un bon samedi, arrive à la Boite à musique un client régulier. Le gars arbitre dans ma ligue de balle-rapide. Il me demande ce que j’écoute ces temps-ci, je pars sur Tehillim : « Tu vas aimer ça, c’est spécial mais je te dis, c’est accrocheur ». Il est ressorti avec l’album. Les ventes de Steve Reich venaient d’exploser à Chicoutimi.

Deux jours plus tard, match de balle-rapide à Jonquière (Saguenay, Seigneur…). Mon acheteur de l’album Tehillim est justement d’office derrière le marbre.

Je fais une parenthèse. On jouait, dans la région, un gros calibre de balle-rapide. On prenait ça au sérieux, il y avait de bons athlètes sur le terrain. Mon équipe comptait sur deux excellents lanceurs, Yvon et Roger. Avec ces gars-là, la balle arrivait vite et précise. Il fallait tous avoir les yeux grands ouverts, le frappeur, le receveur et… l’arbitre.

L’arbitre, justement :
– Hey, Steve Reich, comment tu trouves ça?
– Sérieux? Tehillim? C’est quoi c’t’affaire-là? Méchante musique de pas d’allure!
Un #@#&*%@# de gaspillage!

Un client, disons, déçu. Sans connaissance, serait peut-être plus proche de la réalité. OK, en beau calvaire. Le disque, lui, il l’a payé.

La partie va commencer. Mauvais timing, c’est moi le receveur. L’arbitre se positionne, le visage quelques centimètres au-dessus de mon épaule. Il marmonne quelque chose à propos de Steve Reich. Rien de bien positif.

Premier lancer, en plein centre du marbre : Balle! Bon, une erreur ça arrive. Deuxième lancer, même chose : Balle! Troisième lancer, encore : Balle! Le frappeur et moi on regarde l’arbitre. Le frappeur se trouve chanceux. Moi, je réalise que ce match va se jouer style « classique, post-moderne, contemporain ».

Toute la soirée, la zone des prises a été comme la musique de Steve Reich : minimaliste. On a perdu, évidemment. Je n’ai pas senti utile d’expliquer pourquoi à mon lanceur. Il a quitté le terrain croyant avoir été battu par « Shipshaw Électrique » et un mauvais arbitre.

Moi seul connaissait la vérité : un compositeur américain d’origine juive, né à New-York et habitant à Berlin s’était invité, bien malgré lui, dans un match de balle-rapide au Saguenay.

Mon but ultime : atteindre le 10 km

Mon but ultime : atteindre le 10 km

Ah déjà je vois vos yeux levés dans les airs et vos réflexions du genre « Ben voyons donc 10 km! Y’a rien là! » Eh bien, pour moi ce n’était pas rien!

Chaque année je me lance un défi à relever, celui de 2022 était de réussir à faire 10km de course à pied en une seule fois. J’avais cette idée qui me trottais en tête depuis déjà un certain temps mais je n’avais pas le courage de le concrétiser. Étant une personne qui aime tenir ses résolutions je savais qu’en me lançant ce défi je n’aurais pas le choix de tout faire pour y arriver.

Pour mieux comprendre ce que ce défi représente pour moi, laissez-moi vous expliquer mon parcours.

J’ai commencé la course à pied il y a près de dix ans. Au début j’en mangeait, je courais dans le parc près de chez moi presque chaque jour. Je participais à beaucoup de compétitions et j’adorais cela. Par contre, pour moi faire une course de 5km c’était énorme! Mes séances de courses se limitaient au maximum à 5 ou 6 km si j’étais crinquée. Puisque je courais régulièrement, cela me contentait. Au fil des années au lieu de travailler mes distances, j’ai approfondi mon endurance et à moins faire d’arrêts, à ne pas courir en alternance continuellement. De plus, il faut comprendre que j’ai toujours été une coureuse de 3 saisons. Alors, à chaque printemps c’est un peu un recommencement. Je dois y aller par étapes et donner le temps à mon corps de se réhabituer à l’exercice. Toutefois un gros handicap m’a toujours freiné dans mes entrainements, mes problèmes de genoux! Je ne sais pas pour quelle raison, sûrement que vous auriez plusieurs réponses à me dire mais après avoir consulté mon médecin, la seule chose qu’on a trouvé c’est un peu d’arthrose dans l’intérieur des genoux, ce qui selon elle ne devrait pas m’empêcher de pratiquer des sports. Une autre fois j’ai eu le syndrome fémoro-rotulien (une irritation des cartilages de l’articulation du genou). Savoir vivre avec cette douleur qui part et qui revient continuellement ce n’est vraiment pas évident! J’ai surtout appris quoi ne pas faire pour ne pas avoir mal. Juste pour vous donner un exemple, il y a plusieurs activités que je ne peux pas faire et que j’ai dû abandonner à cause des ces douleurs. Tabata, Zumba, Step, et quelques autres. Ayant toujours été active c’est vraiment difficile pour moi de ne pas pouvoir faire ce que j’aime. J’ai donc dû restreindre mes options. La course étant un sport que j’adore et dont je ne pourrais me passer j’ai toujours dû faire attention de ne pas trop courir afin de ne pas me blesser et surtout afin de pouvoir continuer à en faire.

S’il y a dix ans, je courais plus vite et en moins de temps, aujourd’hui je mise beaucoup plus sur ce que je peux réussir à faire peu importe le temps que cela me prendra. Donc depuis quelques années j’ai augmenté mon endurance et aussi mes distances, je cours maintenant régulièrement entre 5 et 8 km par séance, parfois un peu plus.

Au printemps j’ai recommencé mon année de course à pied tranquillement, mais j’ai heureusement réussi à rapidement reprendre des séances normales. À la mi-mai, j’étais près du but, j’avais dépassé le 8km de peu, pour moi c’était un bon départ en début de saison. Et puis, sur un coup de tête, je suis allée faire un Zumbathon pour le cancer, cause qui me tiens particulièrement à cœur. Je n’étais pas réchauffée et je n’avais pas fait de Zumba depuis 1 ans, mais j’ai toujours adoré cela et j’y ai mit tellement d’intensité et de bonne volonté que je me suis blessée au genou! Donc, retour à la case zéro pour mon défi! J’ai dû réduire mes séances et courir moins souvent. Après quelques séances de massothérapie, d’exercices réguliers et j’imagine beaucoup de chance, ma douleur a diminuée et j’ai pu recommencer à courir un peu plus et plus longtemps. En juillet 2022 j’ai donné une chance à mon corps de se reposer et je suis partie en voyage pour 2 semaines, sans courir, juste marcher et profiter de mes vacances. Cela m’a fait beaucoup de bien et à la fin de l’été après plusieurs semaines d’entrainement, j’ai enfin réussi à faire mon premier 10 km à vie! Je ne peux même pas décrire le sentiment d’exaltation et de fierté qui m’a envahie à ce moment-là. Sans gêne j’ai hurlé ma joie dans le sentier tellement j’étais heureuse de ma performance.

Mon prochain défi? Un 15 ou un 20 km vous me demanderez? Ah seul l’avenir le dira! Juste de savoir que je suis capable de me dépasser et de relever des défis qui semblaient au départ loin d’être facilement réalisables, je comprends que maintenant tout est possible.

Mon but ultime : atteindre le 10 km

Courir l’hiver

Courir l’hiver

 

La mauvaise température est souvent un frein à l’entraînement.

L’hiver c’est le froid, la neige, et bien que cette année on en a connu un bel, l’automne c’est la pluie, il y a autant d’obstacles qui nous empêchent de faire nos entraînements ou nous ralentissent.

Pour ma part l’hiver je suis ambivalent, tant et aussi longtemps que je n’ai pas affronté les températures extrêmes je préfère courir à l’extérieur, mais lorsque le mercure descend, je change parfois d’idée. L’an dernier, j’ai finalement acquis un tapis de course, je me suis acheté le modèle Bowflex le modèle 10, je vous en parlerai un autre jour, mais disons que l’hiver dernier j’ai définitivement rentabilisé mon investissement. Donc, fini les – 20 C et la neige qui fond dans mes souliers.

Ben pas tout à fait.

Les courses longues, c’est long sur un tapis. Malgré le fait que le modèle Bowflex vient avec un abonnement d’un an à Jrny, leur programme d’entraînement, et qu’il est possible de voir des parcours d’entraînement en extérieur grâce à la section « Explore the world ».

Donc, malgré toutes les possibilités que m’offre mon tapis, je suis toujours prêt à courir dehors, et affronter bravement le froid. Courir sur la neige c’est un peu plus compliqué mais pourtant si joli à regarder.

Allez les braves!

Il y a deux ans, en pleine pandémie, je me suis tapé un 27 km qui m’a emporté jusqu’au somment du Mont-Royal, à une température de -32C avec les vents, alors oui, parfois c’est de la bravoure (ou de la folie?).

Alors que nous entamons cette nouvelle période de l’année, il faut bien se préparer pour se donner un minimum de chance de conserver le plaisir de courir dehors.

Selon les degrés de température on optera pour différents types d’équipement.

Tout d’abord on doit s’assurer d’être chaussé en conséquence.

Pour ma part j’ai une paire de souliers pour les mauvais jours, ceux où je suis obligé de courir dans la neige fondante ou dans la gadoue. Pour ces jours-là j’utilise une paire de souliers en Goretex. Le Goretex c’est ce matériel imperméable qui permet de garder pieds (ou mains, ou tête) au sec malgré la pluie, et comme la neige c’est de la pluie solide!

Jusqu’à récemment j’étais satisfait de mes 880v7 GTX de New Balance.

Toujours est-il que cette année je devais m’en procurer une nouvelle paire et que le modèle que j’affectionne depuis quelques années ne semble plus disponible et malgré mes recherches sur Internet je ne trouve pas de modèle équivalent pour mon style de coureur chez New Balance.

J’ai donc poursuivi mes recherches et je me suis décidé pour une paire de Salomon, le modèle Speed Cross 5 GTX, un modèle qui me semble adapté pour mon style et qui est conçu pour la course en montagne et imperméabilisé car en Goretex.

Ce sont également des souliers de trail, je les utilise en alternance avec mes autres souliers de trail l’été.

J’aime bien ces souliers pour courir dans la neige, ils sont munis d’une semelle à crampons en Vibram qui adhère mieux aux sols glissants, et qui pourrait me permettre de me passer des autres accessoires (les crampons externes) pour un certain temps.

S’il y a de la glace j’utilise des souliers à crampons (ou des crampons extérieurs, voir plus loin), mes souliers de choix sont les Spike Cross 5 de Salomon

Si le sol est bien sec et sans glace, je chausse mes souliers habituels, me New Balance 880 avec une bonne paire de bas (on n’est jamais trop prudent, on peut rencontrer des flaques d’eau incontournables).

Ainsi le prochain équipement ce sont de bonnes chaussettes.

Je me suis procuré des Randy Sun conçus pour le ski, ils vous offrent une couche protectrice supplémentaire lorsque le mauvais temps se fait sentir. Ils sont très confortables et ne donnent pas l’impression d’être en matériel synthétique. De plus, je les ai acheté en janvier 2018, et ils sont encore en excellente condition.

La combinaison souliers en Goretex et chaussettes imperméable vous offre vraiment la meilleure protection pour vos pieds lorsque vous devez courir dans des conditions enneigées qu’elle soit fondante ou non.

Les crampons

Il faut parfois plus que ce que les marchands de souliers vous offrent pour conserver une adhérence sur la route durant certains mois d’hiver. Si le sol est souvent recouvert de neige, il peut parfois cacher des plaques de glaces et on ne peut pas toujours contourner celles-ci lorsqu’on atteint notre vitesse de croisière. Alors mieux vaut se prémunir de quelque chose de plus solide pour ne pas déraper et se casser la figure.

La première solution qu’y s’offre au coureur ce sont les fameux Yaktrax des semelles d’appoint qui s’insèrent sur vos souliers et qui sont faites de caoutchouc enroulé de fil métallique.

Quoique ce type de crampon puisse fonctionner pour beaucoup de coureurs, il faut comprendre qu’il a tout de même une durée de vie limitée et après un ou deux hivers il faudra assurément les remplacer. La raison est que ces fils métalliques s’abiment et se brisent souvent au contact de la chaussé qui est dénudée par endroits. On prendra soin de se tenir sur la neige et la glace pour ne pas les abimer trop rapidement.

Il existe des modèles qui se rapprochent plus de ce qu’on est habitué à appeler des crampons, un modèle qui s’apparente aux crampons d’escalade peut aussi s’avérer intéressant mais ne sera sans doute pas d’une plus grande longévité car ce sont les petits piques qui se décollent au fil de vos sorties.

Si la température s’entête autant que vous à vouloir devenir anti-course à pied, vous aurez alors deux choix, vous procurer une paire de crampons pour les sols glacés extrêmes tels que les Trail Ultra ou alors vous résigner à serrer vos souliers de course d’hiver et vous prendre un abonnement au Gym pour le reste de l’hiver.

Pour les jambes

Le pantalon de course d’hiver est un vêtement qu’il faut choisir avec minutie. Si vous prenez quelque chose de trop chaud vous souffrirez car la transpiration causant de la condensation fera en sorte qu’au final vous aurez tôt fait de vous geler les jambes.

Lorsque la température se maintien au-delà de – 5 C je privilégie les leggings, ils font très bien l’affaire, et souvenez-vous toujours de l’adage, au départ on devrait avoir un peu froid, le corps aura tôt fait de se réchauffer. Ce type de matériau vous permettra de laisser l’air chaud de votre corps se dissiper et qui vous protégera du vent et de l’eau.

Si la température se situe entre – 15 C et – 5 C, on portera un sous-vêtement en laine de mérinos est approprié pour vous garder bien au chaud tout en vous permettant d’évacuer la transpiration. Si la température descend sous les – 15 C on prendra soin de porter des sous-vêtements longs et des pantalons qui vous offrent une protection contre le vent et vous gardent au chaud.

Pour le haut du corps, ce qui fonctionne encore le mieux ce sont les couches.

Selon Sport Experts, les trois composantes idéales pour se protéger des intempéries sont les suivantes : tissus absorbant pour la première couche (Dryfit ou Thinsulate), deuxième couche composée de polyester et coupe-vent comme couche extérieure.

Personnellement, je suis un peu biaisé par la marque Nike, je porte un t-shirt en polyester, un chandail en Dri-fit et comme coupe-vent, si le temps est bon (entre 0 et -10) je porte simplement une coquille externe d’Archtéryx mais lorsque le temps se maintient entre -20 et -10 je porte une veste de protection extérieure, un composé Polyester.

Il m’arrive parfois de porter la veste et le coupe-vent, en cas de grand froid, ceci me permet de m’isoler, par contre il faut faire attention à ne pas avoir trop chaud. Transpirer excessivement n’aide en rien à se réchauffer.

La tête et les mains

Il faut bien sûr se couvrir la tête, je vois plusieurs coureurs porter des bonnets de laine, je crois que c’est une bonne idée lorsque le temps est très froid mais pour les débuts de l’hiver, on porte un bonnet en polyester ou en laine de mérinos.

Les gants sont aussi importants, certains modèles sont transformables, ils deviennent des mitaines, ce qui n’est pas à négliger par temps très froid et souvent ce qu’il y a de plus efficace. La chaleur se dissipe rapidement au niveau des doigts et même une bonne paire de gants peut ne pas suffire.

Encore une fois, s’il neige, ou s’il y a apparence de pluie verglaçante, des gants en Goretex sont souvent une bonne idée.  Par temps d’hiver doux c’est tout ce qu’il vous faudra mais lorsque le mercure descend sous les -20, je vous suggère une paire de mitaines.

Attention à porter un col suffisamment élevé pour vous couvrir mais sinon un cache-cou sera toujours utile, surtout si le vent pince la peau.

Et lorsque la température est vraiment extrême, il vous faudra une cagoule. C’est le meilleur moyen de vous protéger le visage lorsque la température descend au niveau des températures polaires.

D’autres vous dirons qu’ils auront tôt fait de troquer les vêtements d’extérieurs pour un tapis de course mais ça c’est pour un autre sujet.

Vous? Vous courrez dehors l’hiver?