NOUS Y SERONS POUR UNE 13 IÈME ANNÉE

NOUS Y SERONS POUR UNE 13 IÈME ANNÉE

Après une période d’arrêt de la course à pied qui aura durée 11 mois, je peux maintenant dire que mon marathon de guérison est presque terminé. Le tout a débuté au Bénin par un diagnostic médical pour se poursuivre au Canada par une chirurgie (24 juillet 2025). Par la suite, un suivi médical en septembre 2025 m’a amené vers un autre scan le13 janvier 2026 dernier dont l’analyse des résultats par mon spécialiste se fera le 5 février 2026, soit le jour de mon départ pour le Bénin.

Je n’ai pas attendu l’avis de mon spécialiste pour m’inscrire au Marathon de Parakou, mon événement fétiche par sa vision humanitaire. De plus, c’est grâce à celui-ci que j’ai pu rencontrer mon épouse qui est devenue une collaboratrice lors de ma vie sportive amateur. Ses qualités en massothérapie, en nutrition et en bien-être général me sont des ressources inestimables.

Ce qui m’a permis de prendre ma décision est que depuis le début de l’hiver, je suis en mesure de reprendre la marche et le pelletage sans aucune douleur physique. Bien entendu, je ne pourrai pas faire ce marathon de la même façon que ceux réalisés antérieurement, mais ce qui est important pour moi est d’être sur la ligne de départ avec mes amis béninois.

Pour une deuxième année, nous associerons cette course à une collecte de fonds. L’argent amassé ira à une organisation communautaire située dans le Bas St-Laurent nommée le Centre de Vacances et d’Apprentissage de loisirs de Saint-Cyprien (Auberge La Clé des Champs). Leur mission mérite d’être soutenue, car oeuvrer auprès de personnes présentant des handicaps est très louable à mes yeux.

Finalement, je remercie la Providence de m’avoir soutenu dans cette période qui m’a fait voir que l’humain ne contrôle pas beaucoup d’éléments dans sa vie. Quand nous comprenons ce fait, le mot adaptation devient essentiel.

Clownement Luc

Ma peur du marathon

Ah, le marathon. J’y ai succombé. Une seule fois.

Je voyais le marathon comme l’accomplissement ultime, avant même de me considérer comme un coureur avec assez d’expérience. Quelques courses de 10km sous les 40 minutes et deux demi-marathons en 1h22 m’auront convaincu que j’étais prêt pour la bête.

C’était en 2017, sur le fameux P’tit Train du Nord. Dans ma grande naïveté, je ne visais pas seulement de compléter le marathon. Je visais le prestigieux marathon de Boston et un temps de qualification de 3h05. Pas de chances à prendre, je visais 3h00.

Ma préparation? Pas très glorieuse. Une cinquantaine de kilomètres par semaine, pas de travail spécifique et aucune sortie au-delà de 25 kilomètres. Je m’alignais directement vers un mur et dans ma tête, je m’alignais facilement vers une qualification!

La première moitié a été complétée en 1:33:09, un peu plus lent que prévu, mais après tous, les bons marathoniens sont plus vites sur la deuxième moitié de course, aucun souci à avoir! À ce moment, j’étais 72e place. Cette première moitié de course s’était déroulée dans le confort et la confiance. Le rythme était plus que soutenable, mon objectif atteignable.

La deuxième moitié? En quatre éternités et demi, de mon point de vue. Dans les faits, 2:41 et une chute de près de 500 positions. Ouch. Environ au 30e kilomètre, je me suis mis à marcher et ce, jusqu’à la fin. Le physiothérapeute m’aura diagnostiqué une tendinite au genou. Ma voix intérieure m’aura, elle diagnostiqué une préparation inadéquate et une prétention exagérée. Le retour sur terre (et en voiture) aura été pénible. Évidemment, le constat ici n’est ni contre ma position, ni contre le temps en tant que tel, mais plutôt en vertu de mes ambitions initiales.

Six ans plus tard, je ne me suis pas rapproché du marathon. Pas même un peu. Ce qui m’apparaissait comme la consécration comme coureur s’est transformée en quasi-dégoût.

Et pourtant, ceux avec qui je m’entraîne le plus, ce sont des marathoniens, pour la plupart. Ce sont aussi ces personnes qui gardent ma motivation de course élevée, celles avec qui j’échange le plus sur la course à pied. Dans le cadre de mon podcast, j’ai été inspiré par des performances incroyables, notamment celles de Maxime Leboeuf et Pierre-Lou Billerot.

Ces amis qui m’entourent performent bien, avec des temps qui pourraient créer l’envie chez bon nombre de coureurs. Briser les 3h, ce n’est pas donné à tous! Ils mettent la barre haute et mon orgueil ne me permettrait pas d’être si loin d’eux. Oui, un premier marathon (ou un second dans mon cas, même si je ne considère pas le premier comme une réussite), doit être pris avec modestie. Plus facile à dire qu’à faire!

Ma volonté elle, ne me permet pas de mettre les heures d’entraînement qu’ils investissent. Les voir fréquemment atteindre 120, 130 voir des 150km, c’est impressionnant. Je me donne l’excuse actuellement d’avoir deux jeunes enfants pour ne pas m’y lancer tête première, mais fondamentalement, ça demeure une question d’un manque de volonté non assumé.

Nous entendons souvent le point de vue positif des coureurs sur les marathons; voici le mien sur la peur du marathon. Sur la peur d’avoir mal pendant 3h, sur la peur de mettre 12 semaines spécifiques d’entraînement pour un objectif qui peut être difficile à atteindre, sur la peur d’éprouver des difficultés gastriques, sur la peur d’avoir mal pendant (trop) longtemps.

Ces amis autour de moi sont inspirants. Et qui sait, peut-être que cette peur se transformera un jour en inspiration pour une prise deux sur marathon.

Je suis curieux. Qu’est-ce qui vous motive autant, les marathoniens?