Un petit merci à Abebe Bikila, Jacqueline, Alain, Max, Éric et tous les autres qui font rêver les coureurs
Le rêve fait partie des accessoires essentiels des coureurs et coureuses, on devrait en contrôler la quantité aux stations de ravitaillement afin de s’assurer que la personne puisse terminer. Nous avons tous été marqués par des moments inoubliables, des performances qui nous ont obligés à nous pincer en se disant, ce n’est pas vrai ce qui se passe, je ne pensais jamais qu’un être humain pourrait faire cela, et pourtant, parfois l’impossible arrive.

Il arrive que le rêve soit berné, je me souviens d’un moment particulièrement cruel, et je me revois sur le bord d’un feu de camp au camping Tropicana a regardé les olympiques de Séoul sur un téléviseur à piles. Le signal était mauvais, je devais orienter l’antenne de ma télé noir et blanc chaque minute, mais j’ai réussi à voir un homme voler pendant 9:79 secondes. Malheureusement, il volait aux stéroïdes, probablement comme tous les autres qui étaient à la ligne de départ avec lui, ils nous ont tous eu.


Il y a encore de ces marques qui alimentent nos rêves. Plus récemment, en course en sentier, je me souviens d’avoir croisé Maxime Leboeuf en 2019 alors qui venait de gagner le championnat canadien en courant 110 kilomètres et en établissant un record de l’épreuve. Pour ma part, je venais de terminer le 80K, c’est donc dire qu’il avait plus de 30 kilomètres d’avance, il était frais comme une rose, prêt à repartir, simple et gentil, comme si ce qu’il venait de faire était tout simple.

J’aime la course pour tous ces rêves qu’elle apporte, il m’arrive encore de me prendre pour Abebe Bikila, je m’imagine courir pieds nus dans les champs, jusqu’à ce je doive arrêter, car je suis trop essoufflé pour continuer, ou encore que je doive rattacher mes lacets, mais bon, j’ai fait un maudit beau rêve pendant quelques secondes, ce n’est pas rien quand même.




