Qu’est-ce qui fait qu’on lace ses runnings et que l’on extirpe d’une douce langueur pour partir courir ? Peut-être sommes-nous un gang de dépendants en attente de notre dose d’endorphine ? Peut-être sommes-nous des aventuriers inconscients qui ne peuvent voyager que de cette façon ? Mais, pourquoi cours-t-on au juste?

Courir vers l’inconnu
On a beau faire le même parcours, la même distance, tenter d’avoir la même cadence, ce n’est jamais la même course que l’on fait. Quand on se glisse dans la nature, il n’y a que l’imprévue qui est prévisible. Tant ce que nous voyons, ce que nous ressentons changent, mais, aussi notre propre façon de percevoir se transforme. La foulée n’a jamais tout à fait la même aisance, la nature n’est jamais identique. J’ai fait des sorties lors d’orages, en étant en totale harmonie et j’ai aussi fait des sorties dans des conditions similaires en ressentant un sentiment de panique, la nature est variable, mais le coureur aussi. De nos jours, où tout est trop prévisible, trop contrôlé, ressentir un peu de contingence, c’est être libre.
Marathon Runners
Courir vers l’autre
Que nous soyons deux ou vingt mille au départ, cela change peu de choses, car, la course, c’est aussi une histoire de lien social. Parfois, dans l’effort, nous avons l’impression que seul le coureur à nos côtés, que nous connaissons parfois à peine, c’est vraiment la seule personne au monde qui peut ressentir ce que nous vivons. En courant des centaines de kilomètres par année avec d’autres humains, de belles histoires d’amitié naissent. La course nous réserve toujours des moments d’intensité, et partager ces moments avec d’autres, c’est réconfortant.

Courir vers soi
À la course, autant nous pouvons être en lien avec l’autre, autant, nous pouvons être totalement seuls, et y être si bien. L’auteur et coureur japonais Haruki Murakami indique qu’il court pour obtenir le vide, ce vide si confortable, si apaisant. Alors que les premières foulées d’une sortie peuvent être difficiles, l’aisance apparaît avec la répétition du mouvement et cela nous laisse libres de rêver et de vivre le moment présent. Quand la foulée devient un mantra, les soucis s’en vont, l’ici et maintenant, prend toute la place, enfin.

Courir pour courir
J’attache mes runnings, je branche mes écouteurs et je commence à courir en écoutant une chanson d’Eddie Vedder

I think I need to find a bigger place
Cause when you have more than you think
You need more space
Society, you’re a crazy breed

Je suis bien d’accord avec Eddie, la société est une bibitte bizarre, mais ce n’est pas grave, je peux trouver tout l’espace qu’il me faut pour être bien, je n’ai qu’à courir.

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