Courir

Courir

La friction au démarrage, ce que je voulais réduire afin d’intégrer l’exercice physique à mes habitudes de vie. Enfiler mes chaussures et passer le pas de la porte, cela me paraissait accessible. Bon je l’avoue, il y avait un peu de naïveté, je n’avais pas tout pris en compte et par chance. Elle est venue cette habitude, 10 ans depuis mes premières courses à pied, en plus ça m’a aidé à construire mon identité. Courir dehors, voir les saisons se relayer, sous un autre angle, avec une capacité de plus en plus grande à absorber la beauté qu’elles portent, courir souvent aux mêmes endroits, jamais dans la même ambiance!

Parlons de la psyché, toute la stratégie dont on doit user parfois pour éviter qu’elle nous paralyse. Courir en pleurant ça se fait mais ça mène généralement à une hyperventilation indésirable. En plus le cerveau enregistre le moment d’exercice à une expérience à connotation  négative, comme lorsque tu sors une journée de pluie à 3 degrés mal habillé ou que tu t’entêtes à partir même si tu avais 30 minutes de sieste à donner à ton corps qui réclamait un peu de sommeil. En résumé, ta motivation finit par être récalcitrante.

Être stratégique avec soi-même afin de diminuer la friction au démarrage. Pour moi c’est d’organiser ma journée pour avoir l’énergie de sortir, être à 2h du dernier repas, sans être affamée, garder la préparation simple et rapide et avoir le nécessaire à portée de main. J’ai seulement une paire de souliers 4 saisons, je ralentis aux endroits plus glacés l’hiver et je garde une certaine vigilance. Peut-être qu’en vieillissant j’investirai dans une paire adaptée aux patinoires invisibles, pour conserver mes hanches d’origine.

Aussi, j’ai compris que je devais éviter tout ce qui me faisait sentir comme un animal qu’on entraîne pour la course même si ça fonctionne pour d’autres. Laisser mon intuition me guider sans montre, compteur de pas, de calories, de trajet, etc…Ces outils me semblent contraignants. J’ai souvent été tentée par la performance, repousser mes limites, mes objectifs et je suis contente de l’avoir fait à quelques reprises. Toutefois, la vie que je mène m’a permis de garder le cap sur mon objectif premier : avoir une habitude ancrée d’exercice régulier pour mon bien-être. Je ne voulais pas que le sport devienne toute ma vie, ça ne me semblait pas être la chose qui m’aiderait à être épanouie. En revanche, courir régulièrement est comme la clé qui me donne une aisance dans la pratiques de multiples sports tel la natation, le ski de fond et la randonnée pédestre ou en raquettes, à l’occasion.