Une 15e édition remplie de belles histoires

Une 15e édition remplie de belles histoires

Résumé de l’événement
Plus de 1000 coureurs ont pris part à la 15e édition du Marathon de Parakou qui s’est déroulé au Bénin, en Afrique de l’Ouest, le samedi 11 février dernier.

Marathon Salésien de Parakou Ces participants étaient répartis dans les différentes épreuves soient le 5, 10, 21 et 42 km
Parmi le groupe de marathoniens internationaux on retrouvait des représentants de l’Afrique du Sud, de la France et du Canada (Québec).
Cet événement sportif humanitaire a été organisé par une équipe de bénévoles de la Communauté Saint-François de Sales dirigée par le père Guillaume Kambounon – Fondateur du Marathon.

Historique de participation des coureurs
Dans l’équipe du Canada, Guy Dubé et moi, Luc Gélinas représentions la municipalité de Saint-Cyprien (bas St-Laurent) située dans la province de Québec.
Guy était à sa première participation et à son premier marathon. Quant à moi, je réalisais cette année, ma dixième expérience de course à Parakou.

Du côté de l’équipe de la France, nous retrouvions les doyens Marino (3e) et Gilbert (2e). Isabelle, Chantal, Patrick, Christophe, Pascal et Didier étaient quant à eux à leur première expérience à Parakou.

Enfin, le père KOOS représentait l’Afrique du Sud. Il en était à sa 14e participation.

Découverte du Marathon et rencontre humaine
C’est en avril 2011 que j’ai entendu parler du Marathon de Parakou. Je m’étais inscrit au Marathon d’Annecy en France et au village Marathon où je devais me procurer mon dossard se trouvait un kiosque faisant la promotion du Marathon de Parakou. Ma curiosité m’a poussé à discuter avec le responsable, le père Guillaume, lui-même participant au Marathon d’Annecy. J’avais à mon actif quelques courses en France et au Canada, mais pas en Afrique. L’idée de découvrir un autre continent en participant à leur marathon venait de surgir à mon esprit. Ainsi, après quelques minutes de discussion, nous décidâmes d’échanger nos coordonnées.

À l’automne 2011, plusieurs occasions pour courir des longues distances se présentèrent durant ma période d’études à Paris, au programme en Tourisme international à l’Université de la Sorbonne d’une durée de 6 mois. À la suite de quelques courses en France, le goût de vivre une expérience sportive sur un autre continent refit surface avec certitude.

Marathon Salésien de Parakou J’entrai donc en communication avec le père Guillaume. Il me proposa de me joindre au groupe d’Annecy qui était à l’étape des préparatifs pour une participation au Marathon de Parakou de février 2012. L’instigateur de ce projet rassembleur était monsieur André Monier de la ville d’Annecy (Présentement, André est membre du comité organisateur du Marathon du Beaujolais).

Dès ma première course, mes futures participations annuelles à Parakou étaient inscrites à mon agenda. Quelques personnes m’ont demandé la raison pour laquelle je suis fidèle à cet événement. Ma réponse est assez simple. C’est grâce à ce marathon que j’ai rencontré mon épouse actuelle qui est originaire du Bénin.

Lors de ma première participation, j’avais demandé au père Guillaume s’il connaissait une personne offrant des services de massothérapie. Mes marathons et ultramarathons m’ont appris que la massothérapie aide énormément à la préparation et à la récupération du corps.

Pour répondre à ma requête, il contacta madame Huguette Léontine Bakinde qui se présenta au rendez-vous prévu à la fin du marathon. Malgré un retard de ma part, de plus d’une heure, elle fit preuve d’une patience bienveillante et elle m’accueillit avec une grande gentillesse. Notre histoire de vie se poursuit depuis maintenant 11 ans.

Suite de l’aventure béninoise
Je ne sais pas quel sera mon avenir en lien avec le Marathon de Parakou, mais je peux dire que je lui dois beaucoup et j’ai à cœur sa continuité et sa popularité. De plus, après y avoir bien réfléchis, la Providence y joue un rôle très important.

Enfin, pour ceux et celles qui aimeraient en savoir davantage sur le Marathon de Parakou ou tout simplement connaître les différentes étapes de ma préparation physique et psychologique, je vous invite à me contacter par l’intermédiaire de ce courriel : luc@clownluc.ca.

Je remercie le magazine Courir Québec de me permettre la rédaction de ce court reportage ainsi que les membres des deux municipalités pour lesquelles je travaille dans le Bas St-Laurent, ma famille béninoise et canadienne-québécoise, mes amis du Québec et de la France et bien entendu mon épouse Huguette qui me supporte depuis 2012 dans cette aventure sportive et culturelle béninoise.

De même, cette 10e participation a été dédiée à tous mes amis et les membres de ma famille qui ont pris le chemin céleste au cours des dernières années et tout spécialement à Janin (59 ans) qui a emprunté cette même route en janvier dernier.

Je termine ce témoignage par un texte signé par un jeune journaliste béninois rencontré en février 2012 et dont j’ai eu l’honneur de revoir en 2023. Son prénom est Jérémie…II est le directeur d’un journal hebdomadaire appelé Daibi Info.

Bonne lecture à tous…et un remerciement à mes collaborateurs pour leur accompagnement dans la rédaction du texte.

Luc
clownluc.ca

15ème édition du marathon Salésien de Parakou/samedi 11 Février 2023

Organisation réussie et exceptionnelle pour les Oblats

Le samedi 11 Février 2023, la cité des Kobourou a abrité la 15ème édition du marathon Salésien de Parakou organisé par les Oblats de Saint François de Sales. Cette édition placée sur le thème : « Le monde est né de l’amour, il est soutenu par l’amour, il va vers l’amour, et il entre dans l’amour » a connu la participation de 1099 coureurs venus de plusieurs pays du monde à savoir : Bénin, Amérique, France, Canada, Afrique du Sud, Nigéria, Togo, Burkina-faso etc.

La course des 42 Km a été lancée à 6h du matin dans l’arrondissement de tchatchou en présence du maire de la ville de Parakou et du représentant de la BOA, sponsor officiel. Et plus tard celles des : 21km, 10 km et 5km, toutes lancées depuis l’esplanade de la paroisse Saint François de Sales d’Okédama.

Ainsi, les coureurs, marcheurs, enfants, jeunes, adolescents et seniors, déguisés ou non ont sillonné les rues et ruelles de la ville de Parakou pour chuter à la communauté du Postulat des Oblats de Saint François de Sales sise à Baka. Le parcours a été jalonné des forces de sécurité publique et des officiels.

A l’arrivée :

Pour les dames 42,195km,
– DJERIKOU Bertille est première avec une performance de 2h59min12S ;
– BALLO Justine 2ème avec une performance de 3h29min58 ;
– EKE Nadège 3ème avec une performance de 3h52min43 ;
– LAMER Marie-Noëlle 4ème avec une performance de 4h58min55 ;
– COMTE Chantal 5ème avec une performance de 5h14min50
– et TOMMEY Isabelle 6ème avec une performance de 5h46min11.

Chez les hommes,
– TABE Mohamed premier avec une performance de 2h36min16S ;
– KOVEITIN Richard 2ème avec une performance de 2h27min34 ;
– AZAGOUN Hospice 3ème avec une performance de 2h46min46 ;
– DAWIN Joseph 4ème avec une performance de 2h52min56 ;
– FAYIROU Maxime 5ème avec une performance de 2h58min19 et
– DORE Mamoudou Souradjou 6ème avec une performance de 2h59min10.

Chez les handicapés auditifs,
– Walters KOOS 1er avec une performance de 3h19min46 et
– KOTTIN Séverin 2ème avec une performance de 3h36min31.

Pour les handicapés moteur :
– 1er SAVI Hilère avec une performance de 3h27min41.

Pour les militaires en tenue de service :
– EDEN Bertin avec une performance de 4h43min50 ;
– GANYE Alain 2ème avec une performance de 5h09min28 et
– KOUAGOU Noél avec une performance de 6h14min51.

Sur les 21km dames ;
– OROU GUERE Yéniva est première : –
– SABI Mariam et GLERIE Réchiathou, 2ème. ex aequo.

Chez les hommes :
– YANI Yatto est premier,
– YANKOR Salifou est 2ème
– BAGNAN Abdou Lafirou est 3ème .

Sur les 10 km dames ;
– BOUKARI Amoudiath est première avec une performance de 59min06s7;
– BIO YAU Faridiath est la 2ème avec une performance de 1h01min01s ;
– TOSSOU Arielle est 3ème avec une performance de 1h7min22s.

Pour les hommes :
– AZONHIN Sylvain est 1er avec une performance de 33min07s2 ;
– SOULEYMAN Kann est 2ème avec une performance de 33min08s00
– ALOKPON Bil Arthur est 3ème avec une performance de 34min27s59.

Sur les 5km dames :
– Première -DA-Silvoira Nelly avec une performance de 23min47s93 ;
– Deuxième : SOUMAÏLA Mouinatou avec une performance de 24min02s33 ;
– enfin troisième : -AMIDOU Roukayath avec une performance de 24min18s17.

Pour les hommes ;
– NAMBOUA Barnabé est 1er avec une performance de 21min11s23 ;
– BAMBO Innocent est 2ème avec une performance de 21min12s07 et
– OGUELE Ismael est 3ème avec une performance de 21MIN13s66

La cérémonie de remise de prix a été effective en présence de plusieurs autorités et personnalités religieuses, politiques et administratives. Plusieurs autres prix ont été décernés aux coureurs. L’événement prit fin par les mots de remerciements et de satisfactions du coordonnateur du Marathon, le Révérend Père Guillaume KANBOUNON. Les dés sont ainsi jetés pour la 16ème édition.

Histoire de Sheila Foley

Histoire de Sheila Foley

Je vous présente Sheila Foley. Sheila fait partie du club des coureurs Boréal depuis plusieurs années et nous vous présentons son histoire, son cheminement et ses réalisations en ses propres mots.

J’ai couru 74 marathons. Eh bien, pour être honnête, je ne suis pas certaine que ce chiffre est tout à fait exact car ça pourrait être 73 ou 75… Je ne tiens pas vraiment de journal et il est fort possible que j’aille couru quelques marathons plus de 8 ou 10 fois.

J’ai commencé à courir quand j’avais 12 ans. À cet âge, la puberté implique des phases de croissance et, dans mon cas, des prises de poids rapide. Je n’ai jamais été en surpoids, mais je ne comprenais pas qu’il était normal d’avoir de plus grosses cuisses et de prendre 4 à 7 kilos par an. Ma motivation initiale était plutôt un moyen de lutter contre la graisse corporelle.

Histoire de Sheila Foley

J’ai débuté par un 3 km facile et progressivement augmenté mon kilométrage. Mon premier 10 KM a été une révélation pour moi et c’est à ce moment que mon changement s’est produit. La course à pied n’était plus simplement un moyen de rester mince, j’étais accrochée et amoureuse. J’ai alors secrètement décidé de courir un marathon par année.

Dans les années 1970 et 1980, les marathons n’étaient pas aussi populaires que maintenant, surtout pour les femmes. À cet âge, j’étais timide et avais peu de confiance en moi. J’ai donc gardé secret mon rêve de courir un marathon.

En 1989, je me suis inscrite au marathon d’Ottawa n’en parlant qu’à quelques amis proches qui ont juré de garder le secret. Après la course, je n’arrivais pas à croire que je l’avais fait. C’était une sensation sans pareille, énergisant, une drogue et il m’en fallait plus ! J’ai décidé à ce moment-là de courir au moins un marathon par an aussi longtemps que j’en serais physiquement capable.

En 1995, je me suis joint au club de coureurs Boréal (http://www.borealclub.net/?lang=fr). Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de gens merveilleux qui partageaient la même passion et le désir de se dépasser.

À la fin de 2003, je voulais terminer 40 marathons avant d’avoir 40 ans en 2005. Cela signifiait qu’il y avait 7 marathons à faire en 2 ans. Mon 40e marathon a eu lieu à Ottawa, la même ville où j’ai fait mon premier marathon. Quelques coureurs de mon club Boréal ont décidé de courir avec moi ce qui a rendu l’événement encore plus spécial.

Histoire de Sheila Foley

Je n’ai pas d’objectif particulier maintenant et je me contente du plaisir de courir. Je cours toujours des marathons, généralement entre 1 et 3 marathons par an. J’ai également participé à six triathlons Ironman. Je suis fier de ma liste de marathons et je cours sur toutes les distances, jusqu’à 50 km.

La course à pied m’a aidé à traverser de nombreuses étapes de ma vie et a été mon meilleur compagnon non-humain ou animal. Elle a été là pour moi lors de pertes personnelles, de moments stressants, de dilemmes personnels, de moments heureux, de moments tristes et m’a aidé à grandir émotionnellement.

Après une course, je me sens plus en contact avec ce qui est important. Les êtres chers, la nature et les bonnes choses qui nous entourent.

Je vais terminer mon 75e marathon en cette année 2023. Je suis tellement reconnaissante. Merci, à la course, tu as toujours été là pour moi et rendez mon monde tellement plus riche !

Sheila est une coureuse de marathon, une triathlète et une athlète absolument admirable de chez nous. Je suis sûr que les voisins de Sheila l’applaudissent quand elle quitte pour courir dans son voisinage de St-Adolphe-d ’Howard…

Venez courir avec Sheila et le club des coureurs Boréal (http://www.borealclub.net/register?lang=fr)

Histoire de Sheila Foley

Une défaite classique

Une défaite classique

 

Une défaite classique, post-moderne, contemporaine

Je suis parti courir. Sur la rue Racine à Chicoutimi. Dans ma tête, à l’époque où la ville s’appelait encore Chicoutimi (Saguenay, Seigneur…) et la rue Racine vibrante. Il y avait Chez Georges, où se tenait toute la classe politique, Laflamme le tailleur et Bégin le vendeur de chaussures, le siège social des magasins Continental et, un étage au-dessus, CJMT, la station de radio où je travaillais.

J’ai reçu la semaine dernière un cadeau qui m’a ramené à cette époque. Un T-Shirt portant le logo du magasin La Boite à musique. Yves Hébert, m’avait annoncé « une surprise », celle-là était de taille.

Car sur la rue Racine, il y avait aussi La Boite à musique. La boutique de disques de deux collègues et amis de CJMT, Yves Hébert et Louis Trépanier.

Une vraie boutique, avec des vrais disques en vinyle. Pas de la musique « dématérialisée » qu’on loue en ligne. Un local, des présentoirs, des posters de groupes, des clients, une caisse avec des billets de banque. La totale.

La boutique appartenait à des chums, j’y allais souvent. Tellement qu’ils ont fini par me faire une offre : y travailler quelques heures par semaine, rémunéré en disques. « Travailler », était beaucoup dire. Repartir avec une brassée de disques, trop beau pour être vrai.

Ne pas payer les disques encourage à essayer des affaires, quitte à ce que ça devienne une pochette-ramasse poussière. J’ai découvert comme ça Joe Jackson, Chuck Mangione, Keith Jarrett, un paquet de musiciens ayant partagé une session de studio avec Neil Young ou James Taylor et aussi, Steve Reich.

Steve Reich c’est un grand nom de la musique « minimaliste ». Particulier, intéressant, vraiment pas pour tous les goûts. Les experts le décrivent comme classique, post-moderne, contemporain (une autre façon de dire « pas pour tous les goûts »). Il venait de sortir l’album Tehillim : côté A, 17 minutes 25 secondes interrompues d’une phrase musicale d’inspiration traditionnelle juive, répétée en décalage. Côté B… pas mal la même affaire.

Dieu sait pourquoi, j’aimais ça Tehillim.

Un bon samedi, arrive à la Boite à musique un client régulier. Le gars arbitre dans ma ligue de balle-rapide. Il me demande ce que j’écoute ces temps-ci, je pars sur Tehillim : « Tu vas aimer ça, c’est spécial mais je te dis, c’est accrocheur ». Il est ressorti avec l’album. Les ventes de Steve Reich venaient d’exploser à Chicoutimi.

Deux jours plus tard, match de balle-rapide à Jonquière (Saguenay, Seigneur…). Mon acheteur de l’album Tehillim est justement d’office derrière le marbre.

Je fais une parenthèse. On jouait, dans la région, un gros calibre de balle-rapide. On prenait ça au sérieux, il y avait de bons athlètes sur le terrain. Mon équipe comptait sur deux excellents lanceurs, Yvon et Roger. Avec ces gars-là, la balle arrivait vite et précise. Il fallait tous avoir les yeux grands ouverts, le frappeur, le receveur et… l’arbitre.

L’arbitre, justement :
– Hey, Steve Reich, comment tu trouves ça?
– Sérieux? Tehillim? C’est quoi c’t’affaire-là? Méchante musique de pas d’allure!
Un #@#&*%@# de gaspillage!

Un client, disons, déçu. Sans connaissance, serait peut-être plus proche de la réalité. OK, en beau calvaire. Le disque, lui, il l’a payé.

La partie va commencer. Mauvais timing, c’est moi le receveur. L’arbitre se positionne, le visage quelques centimètres au-dessus de mon épaule. Il marmonne quelque chose à propos de Steve Reich. Rien de bien positif.

Premier lancer, en plein centre du marbre : Balle! Bon, une erreur ça arrive. Deuxième lancer, même chose : Balle! Troisième lancer, encore : Balle! Le frappeur et moi on regarde l’arbitre. Le frappeur se trouve chanceux. Moi, je réalise que ce match va se jouer style « classique, post-moderne, contemporain ».

Toute la soirée, la zone des prises a été comme la musique de Steve Reich : minimaliste. On a perdu, évidemment. Je n’ai pas senti utile d’expliquer pourquoi à mon lanceur. Il a quitté le terrain croyant avoir été battu par « Shipshaw Électrique » et un mauvais arbitre.

Moi seul connaissait la vérité : un compositeur américain d’origine juive, né à New-York et habitant à Berlin s’était invité, bien malgré lui, dans un match de balle-rapide au Saguenay.

C’est ça qui est ça!

C’est ça qui est ça!

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça aura été chaotique du début à la fin ce marathon !

Blessure au genou
Seulement quelques semaines après le début de mon deuxième programme marathon de 2022, j’ai commencé à ressentir un certain malaise au niveau de mon genou droit. Qu’à cela ne tienne, ça allait passer, que je me suis dit, et j’ai poursuivi mes entraînements intenses avec les Guépards (je pense à Dany & Christian ici), et puis quelques intervalles plus tard, mon genou était absolument hors d’usage, kapoute comme diraient certains.

S’en est suivi des rendez-vous avec mon orthothérapeute, et puis une physiothérapeute également, et finalement un orthésiste qui a déterminé qu’il serait préférable de compenser les problèmes au niveau de mes arches de pied avant celui de ma jambe trop courte. Mais avant la fin de mon évaluation, il en est aussi venu à se demander si ça n’avait pas un lien avec mes souliers Hoka qui sont très rigides, et qui m’offrent une stabilité incontestable pour le bien-être de mes chevilles, mais qui empêcheraient le mouvement naturel de ma rotule.

J’ai donc entrepris d’aller courir avec mes vieux NB GTX ayant plus de 1600 Km au compteur, et puis abracadabra ! Après des semaines à ne pas pouvoir courir plus de 1000m, je ne ressentais plus aucune douleur me forçant à devoir m’arrêter, mais que des signaux m’indiquant de ne pas pousser davantage la machine. Puis ensuite je suis passé à mes Skechers comportant déjà un support pour les arches, et là magie magie ! Je pouvais, non seulement courir de plus longues distances, mais également m’offrir quelques pointes de vitesse, j’étais alors aux anges !

J’ai finalement reçu mes orthèses, et s’il est vrai que je me sentais bien avec, je ne pense pas qu’il aurait été approprié de partir pour une sortie longue avec, alors j’ai fait mon test de 3h avec mes Skechers. Mais en fait, je m’étais dit que j’allais soit faire 3h, soit faire 30 Km, que j’ai complété en 2h49, et qui m’a complètement vidé. Mais mon genou avait tenu le coup !

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Après 30 Km, j’étais aussi vide que ma gourde et mon sac de boules énergétiques.

Faire partie des statistiques
Il me restait donc 14 jours pour tester mes orthèses, mais au lendemain de mon test de 3h, j’ai été frappé d’un mal de tête incroyable, qui s’est étendu jusqu’au tympan, puis finalement à la gorge. Sans trop vouloir m’étendre sur ce dimanche de merde, et bien le lendemain j’allais finalement faire partie des statistiques en testant positif à la covid-19.

Quatre jours plus tard, je ne me pouvais plus, je devais tester mes orthèses et suis allé faire un 3 Km. Et alors que je trottinais, je me sentais comme lors d’un sprint sur 5 Km, c’est-à-dire que j’avais le fond du palais qui brûlait, et en plus j’avais l’impression que mon cerveau voulait défoncer le dessus de ma boîte crânienne à chaque impact au sol, alors c’était plutôt horrible comme sensation. MAIS je n’ai pas eu mal au genou malgré le fait que j’aie couru avec mes nouveaux Hoka !

Quelques jours avant le grand jour, test #2 sur une distance de 11 Km sans douleur aucune, alors j’avais la conviction que je devais m’essayer.

Le jour de la course
Bon, petit calcul habituel, comme le départ devait se faire à 7h45, je devais donc avoir terminé de manger à 4h45, ce qui voulait dire que j’allais me lever à 4h. Mais comme je voulais aussi attraper le premier métro de 5h30, j’allais devoir partir vers 5h, ce qui n’allait pas me laisser suffisamment de temps pour faire toute ma préparation, alors comme pour le marathon des pompiers, levée du corps à 3h.

Peut-être est-ce le fait que je n’avais plus cette pression de devoir faire un meilleur temps que la dernière fois, mais j’ai vraiment bien dormi, et mes yeux se sont ouverts que quelques secondes avant que mon téléphone démarre.

Donc petit matin bien relaxe, tellement que j’ai eu le temps de m’étendre sur le sofa, de bien regarder mes Hoka Bondi X, et puis me dire que ça n’était pas sérieux d’aller courir durant 42,2 Km avec des souliers et des orthèses que je n’avais pas suffisamment testés. J’ai donc enfilé mes Skechers, et puis le départ s’est fait avant 5h pour me rendre au métro, je n’ai pris que l’essentiel que j’ai enfilé dans leur sac, puis je me suis laissé reconduire jusqu’à l’Île-Ste-Hélène.

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Emplacement pour la vague #1 dans laquelle je devais me retrouver.

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Mon téléphone n’est pas très performant pour les photos de nuit, mais c’était franchement beaucoup plus beau en vrai.

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Pas très longtemps après cette photo, j’ai rencontré des collègues de bureau, ainsi que des collègues Guépards avec qui j’ai passé de bien beaux moments cet été. Je pense à Guy, Marie-Josée et Pierre que j’allais croiser plus tard lors des premiers Km.

Le matin était plutôt frais, alors j’étais content d’avoir ma petite veste que je suis allé porté à l’autobus environ 30 minutes avant le départ, mais la file était plus longue que prévue, alors il restait moins de temps pour la dernière étape avant le départ.

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Et donc attente interminable pour aller aux toilettes. Tellement trop que j’ai dû me rabattre, comme plusieurs autres coureurs, aux petits boisés d’à côté, pour finalement manquer le départ de ma vague. J’ai réussi, in-extremis, à me joindre à la vague #2, puis c’était fait, je m’élançais avec des centaines d’autres passionnés. Premier constat : Le tendon de la cheville droite fait défaut, mais qu’à cela ne tienne, c’est loin d’être la première fois que ce petit bobo refait surface, et il a plutôt tendance à s’estomper une fois bien réchauffé.

C’est ça qui est ça! - Courir Québec
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Rendu près de Ste-Catherine et Berri, quelle ne fut pas ma surprise de voir apparaître, à mes côtés, Pierre avec qui j’ai piqué un petit brin de jasette.

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Et c’est à partir de ce moment précis que j’ai commencé à me demander si j’étais en train de faire le bon parcours. Et si jamais il avait fallu que je prenne place dans la vague #1 pour faire le trajet du marathon ? Car à chaque fois que je regardais un dossard, et bien c’était celui du demi que je voyais.

Alors lentement mais sûrement, j’ai commencé à croire que ça devait tout simplement se passer ainsi, que finalement j’allais faire un demi, mon genou allait être content, mais que là, tant qu’à faire, je n’allais pas continuer avec cette allure au ralenti, j’allais ouvrir la machine davantage question de faire un temps raisonnable, et je n’allais pas me faire rattraper par mes collègues de bureau par le fait même.

Passé le Parc Lafontaine, qui je vois, Dany du club les Guépards. Je savais qu’il devait avoir fait le 10 Km la veille, mais là il m’a expliqué qu’il faisait sa sortie longue et venait encourager tous ces coureurs qui s’infiltraient dans les rues de Montréal.

Puis finalement nous sommes arrivés à une intersection où les gens du demi tournaient à droite, puis les gens du marathon complet allaient plutôt vers la gauche, alors j’étais vraiment soulagé. Et sans hésitation aucune, j’ai pris vers la gauche, question de m’engouffrer dans ce défi hors norme.

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C’est plutôt rare que je vois un coureur avec les 2 bras aussi bien détendus.

Rendu là, il y avait nettement moins de coureurs, avec une allure pour le moins beaucoup plus adaptée à celle que j’aurais dû avoir depuis le début, mais aussi encore beaucoup de gens pour nous encourager, surtout aux intersections, c’était tout à fait magique !

J’allais donc me rendre sur St-Laurent où j’ai trouvé bien loufoque la fille qui m’a reconnu comme étant un coureur de St-Eustache. Et quelques mètres plus loin, aussi incroyable que celui puisse paraître, nous croisions le coureur #1 qui avait déjà compléter la boucle, et qui était sur son chemin du retour !

C’est donc ce légendaire boulevard qui devait m’amener au Parc Jarry où je j’avais prévu croiser mon ex belle-soeur et ses filles. Mais finalement, j’ai reçu son message qu’après avoir dépassé le parc. Donc petit appel vidéo pour lui dire qu’on s’était manqué, mais que j’allais repasser plus tard… beaucoup plus tard finalement ! Mais c’est qu’il est long ce foutu boulevard !

Et c’est finalement au Km 24 que la mécanique a commencé à flancher, à commencer par mon genou droit qui m’a clairement laissé savoir que je n’avais pas intérêt à pousser davantage, et même que j’aurais pu arrêter tout ça là tellement le signal a été lancinant, avec perte d’équilibre et pincement au cœur.

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Qu’à celà ne tienne, je n’allais certainement pas marcher durant les 18 Km restants ! J’ai donc rétrogradé en mode relaxe, mais déjà je sentais la lourdeur s’installer dans mes cuisses, l’acide lactique qui engorgeait mes muscles malgré le fait que je me sois arrêté à tous les points d’eau sans exception, et avoir consommé tout ce qu’il y avait à consommer.

J’ai finalement croisé mon ex belle-sœur aux environs du Km 28 alors que c’était au tour du mollet gauche de cramper.

C’est ça qui est ça! - Courir Québec

Je n’avais donc déjà plus la capacité d’atterrir sur la plante des pieds, et puis au Km 30 je sentais cramper le derrière de ma cuisse droite, et je crois qu’à partir de là j’étais carrément dans la gestion de la douleur, en espérant ne pas trop en demander à tout mon corps qui chialait, tellement qu’il y a même eu cette voix qui a retentit, dans ma tête embrouillée, pour poser cette question chiante : Mais pourquoi est-ce que je m’inflige tout ça ? Disons qu’en langage “hockey”, j’aurais pu dire que j’étais blessé au bas du corps tellement tout ne fonctionnait plus très bien.

Enfin, disons que la petite voix n’a pas trop perduré, c’est qu’il y avait tellement de gens qui nous criaient que nous étions les meilleurs, que nous étions inspirants, que nous étions des champions, et j’en oublie certainement, que la question a laissé place à de la gêne de devoir m’arrêter de plus en plus souvent. Tellement, que j’avais l’impression de répéter mon tout premier marathon.

Et plus je marchais, plus je sentais les jambes qui n’en pouvaient juste plus, alors que les dénivelés positifs étaient tout aussi souffrants que ceux négatifs, et toujours ces gens qui nous encourageaient en nous disant que ça allait enfin en descendant pour le restant du parcours, que tout allait bien aller.

C’est ça qui est ça! - Courir Québec

Il y a aussi eu cette fille déguisée qui m’a encouragé et m’a dit : On lâche pas ! Je te reconnais toi, tu es passé devant la Boutique Endurance tout à l’heure ! Et bien ça faisait effectivement partie du parcours, mais j’en ai déduit que je devais avoir une barbe peu commune, alors elle avait l’air bien contente de me reconnaître.

C’est ça qui est ça! - Courir Québec

Je peine à marcher, et je me questionne sur le comment je pourrais m’y remettre sans cramper totalement.

J’ai de nouveau eu l’image de cette femme qui s’effondre à quelques mètres de la ligne d’arrivée, qui se relève, mais qui n’a tout simplement plus de jambes pour l’amener à la fin du parcours.

Alors de retour sur Sherbrooke, avant l’entrée vers le Stade, j’ai vainement tenté de m’y remettre, j’ai trottiné quelques mètres avant de m’arrêter de nouveau, même pas capable de me choquer le moindrement pour y arriver, la boule de feu était éteinte, j’avais complètement perdu ma tête de cochon.

C’est ça qui est ça! - Courir Québec

Et tous ces gens qui couraient plus vite moi ! Ouf ! Ce fut dur à encaisser.

Ce n’est qu’à 200m de l’arrivée, quand il y avait toute cette foule en délire qui criait à tue-tête, que j’ai pris ce qui me restait de jus dans les trippes, j’ai clopiné jusqu’au tapis rouge, puis j’ai traversé la ligne d’arrivée.

C’est ça qui est ça! - Courir Québec

Je peux au moins dire que je n’ai jamais même pensé abandonné, alors en ce sens ma tête de cochon m’a bien servi, et malgré le temps “trop long” que j’ai pris pour compléter la course, si je pense au fait que 14 jours auparavant je me débattais ardemment avec la covid, je pense pouvoir affirmer avoir bien achevé mon défi.

Mon souper du champion, bien mérité !On comprend bien, ici, que si moi, le gars ordinaire d’à côté, suis capable de traverser une telle épreuve, c’est que tout le monde peut se permettre d’y rêver, d’y toucher, et de la vivre jusqu’au bout. Faites comme moi, et soyez le super héros de votre vie !

Le retour à la maison ne fut pas de tout repos non plus. Les escaliers, puis la marche jusqu’au métro Pie IX, les escaliers, le transfert à Berri, les escaliers, la descente à Montmorency, les escaliers, pour finalement rouler jusqu’au Boston Pizza pour me payer mon souper du champion.

Mon souper du champion, bien mérité !

C’est ça qui est ça! - Courir Québec

Malgré tout cela, et bien j’ai déjà hâte à l’année prochaine ! Que voulez-vous, c’est un des avantages d’avoir une mauvaise mémoire.

En rafale… Je me souviens…

  • De ce couple de danseurs au Parc Lafontaine.
  • De cet homme qui brandissait une pancarte avec l’inscription : Souriez si vous courez sans sous-vêtement. Et de son immense sourire quand il a vu le mien.
  • De cette femme qui m’a crié : Let’s go Running Addict!
  • De cette fille qui criait : Let’s go papa ! Un peu comme si elle encourageait tous les pères qui participaient.
  • De cet enfant qui voulait donc taper dans la main des coureurs, et qui, quelques Km plus loin, était juché sur la balustrade d’une terrasse, et qui m’a tendu la sienne, toute aussi moite que la mienne finalement !
  • De tous ces gens qui m’interpellaient par mon prénom parce qu’il était inscrit sur mon dossard.
  • De tous ces gens qui battaient le rythme sur leurs tambours, c’était hyper entraînant et motivant, et surtout vraiment très fort !
L’Eau en Action

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Course ludique vers un accès à l’eau potable pour tous

La Fondation One Drop, en collaboration avec le Cirque du Soleil, se met en mouvement pour contribuer à changer le monde par une action collective. En octobre 2022, vous êtes tous invités – à Montréal ou n’importe où en ligne – à prendre part à une course dynamique de 5 km, où plusieurs prix seront offerts, afin de soutenir les initiatives locales et mondiales liées à l’eau potable de la Fondation One Drop.

Courez, marchez, utilisez des échasses, faites la roue… Bougez comme vous le voulez pour nous rapprocher d’un accès universel à l’eau potable.
Vous pouvez rejoindre une équipe ou participer en tant qu’individu !

Chacun de vos pas transforme l’eau en action

L’Eau en Action

Date : 9 octobre 2022 de 9h à 12h
Lieu : 8400, Avenue du Cirque, Montréal (Québec) H1Z 4M6
Parc Frédéric-Back

L’Eau en Action - prix

*5$ seront reversés à la Fondation One Drop

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À propos de One Drop

La Fondation One DropMC est une organisation philanthropique internationale créée par Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil et de Lune Rouge, avec la vision d’un monde meilleur, où tous ont accès à des conditions de vie permettant leur développement et leur épanouissement.

Sa mission est d’assurer un accès durable à l’eau potable et à des services d’assainissement et d’hygiène aux communautés confrontées à des obstacles extrêmes, grâce à des partenariats novateurs, à la créativité et à la force de l’art.

La Fondation One Drop transforme l’eau en action depuis 15 ans avec des projets qui auront bientôt amélioré les conditions de vie de plus de 2,7 millions de personnes à travers le monde.
Pour en apprendre plus veuillez consulter onedrop.org.

 

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